A désormais 12 jours du premier tour des élections présidentielles, effectuons ensemble un petit tour d'horizon des... 12 candidats présents !
Nous allons donc analyser les caractéristiques de chacun des candidats avec leurs principales idées et leurs principaux objectifs.
Voici cette observation en suivant l'ordre du tirage au sort du CSA :
- Olivier Besancenot : la nouvelle vague "rouge" ?Il représente la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR). Il s'agit là de sa deuxième présentation à cette élection . Ses idées sont de défendre un maximum la cause des salariés. Il s'oppose à toutes les formes de "grande autorité" et insiste pour que la France change à travers une révolution. Son but serait celui de plonger la France dans une anarchie totale pour faire table rase du passé. Aussi, une mesure "drôle", il se prononce en faveur de la "légalisation des drogues douces". En 2002, son score a été de 4,25% des suffrages exprimés et il espère bien cette année confirmer son score plus qu'honorable...
Pour le découvrir davantage...- Marie-George Buffet : seule contre tous ?Elle représente le Parti Communiste Français (PCF). Il s'agit là de sa première participation à cette élection. Elle qui voulu il y a un an former le mouvement des anti-libéraux se retrouve esseulée dans son coin. En effet, son combat se rapproche de celui d'Olivier Besancenot et d'Arlette Laguiller, mais il n'a pas convaincu l'ensemble des partis proche de son électorat. Un électorat qui abandonne de plus en plus le PCF d'ailleurs. Où est le temps ou ce parti faisait "trembler" la France avec des 25% lors des présidentielles ? Il faut revenir à Marchais pour en retrouver la trace. Depuis, d'autres personnes se sont succédées et le dernier en date fut Robert Hue en 2002 recueillant 3,37%. Aujourd'hui, la candidate veut créer une "dynamique de gauche" dans un but unique, celui de "battre la droite".
Pour en savoir plus...- Gérard Schivardi : le mouton noir du groupe ?Il ne représente aucun parti officiel, puisqu'il s'était dit "candidat des maires", mais cette appellation lui a été refusé. Il est simplement soutenu par le Parti des Travailleurs. Il s'agit là de son premier engagement à cette élection. D'ailleurs, Gérard Schivardi demeure la "surprise" de l'ensemble des candidats, car il faut bien l'admettre, avant l'officialisation de cette campagne, il n'était encore que le "simple" maire de Mailhac. Sa candidature ne fera certainement pas le poids et ne devrait pas obtenir de nombreux votes, mais sa présence à l'élection doit servir pour alimenter le débat politique dans les jours à venir... Si les 1% sont dépassés dans quelques jours, alors ce sera déjà une belle victoire !
Pour en découvrir encore...- François Bayrou : est-il vraiment crédible ?Il représente l'Union pour la Démocratie Française (UDF). Il s'agit là de sa deuxième présentation à cette élection. Il veut s'engager dans le vague et vaste chantier qu'est le clivage politique, pour arrêter les querelles qui ne font malheureusement plus avancer la France. Au delà de cette axe, François Bayrou veut incarner une nouvelle politique centriste et ainsi créer un gouvernement d'Union Nationale. Sa dynamique électorale est stable ces temps ci après avoir tutoyer les sommets courant les mois de février-mars. Lui qui a été l'auteur d'un score de 6,84% en 2002 entend bien jouer la carte de la victoire qui est à sa portée. Voilà pourquoi aujourd'hui il est difficile de savoir qui sera au second tour...
Pour élargir ses connaissances...- José Bové : l'homme de trop ? Il représente le mouvement altermondialiste . Il s'agit là de sa première participation à l'élection. Les clichés veulent le désigner comme l'opposant aux OGM de cultures. En effet il l'est, mais ce n'est pas uniquement cela. Son investissement électoral s'établit également sur le rapprochement entre les "quartiers" et les "villes". De plus, il s'inscrit dans la lignée des candidats de la gauche de la gauche et nombreux sont ceux qui pensent tout haut qu'il est celui qui fera "perdre" Ségolène Royal (tout comme l'avait fait Jean-Pierre Chevènement en 2002 pour Lionel Jospin), si cette dernière n'était pas présente au second tour le 6 Mai prochain. Le souhait le plus profond de José Bové est d' "osez" pour lui (slogan). Lui qui ne voulait pas s'engager en politique il y a encore quelque mois fait figure aujourd'hui de candidat potentiel, non pas à un second tour, mais pour la bataille acharnée de la barre hautement symbolique des 5%.
Pour en savoir plus...- Dominique Voynet : vers une écologie apolitique ?Elle représente le parti écologique des "Verts". Il s'agit là de sa deuxième présentation à cette élection. Elle veut redonner un goût nouveau à l'écologie. La non candidature de Nicolas Hulot lui laissait penser la possibilité d'envisager un bon score le 22 avril... mais la tendance n'a pas suivi. Dominique Voynet ne parvient pas à convaincre l'électorat écologique, et encore moins à une échelle plus grande. L'écologie est un des enjeux majeurs pour le XXIe siècle, mais il ne semble pas se fusionner avec la politique politicienne. La distinction se fait d'elle même. La candidate qui a recueillit 3,37% des suffrages en 1995 va devoir faire de sérieux efforts pour décoller des 1 à 2% des intentions de vote en sa faveur, si elle veut atteindre (une de plus), la barre des 5%.
Pour se faire une idée...- Philippe de Villiers : le cinquième homme ?Il représente le Mouvement Pour la France (MPF). Il s'agit là de sa deuxième participation à cette élection. Il se déclare être le candidat du "patriotisme". Attention, pas un patriotisme calqué sur Jean-Marie Le Pen qui "incommode" les français ; non, représenter "la fierté d'être français". Cependant, son terrain de chasse est assez restreint car il doit jouer des coudes entre Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen, qui à eux deux représenteraient, selon les sondages, plus de 40%. Philippe de Villiers qui en 1995 avait échoué au pied de la satisfaction, c'est à dire recueillant 4,75% au lieu de 5%, veut croire en ses réelles chances de figurer comme la "surprise" de 2007, comme François Bayrou le fut en 2002, ce qui lui permettrait d'acquérir plus de poids au sein de la vie politique française... et ainsi avoir de plus grandes ambitions pour 2012 !
Pour avoir une opinion...- Ségolène Royal : est-elle capable de convaincre ?Elle représente le Parti Socialiste (PS). Il s'agit là de son premier engagement à cette élection. Elle se veut être la candidate de la "gauche" et ainsi insuffler un mouvement "social" face à la "violence de la droite". La campagne de "Ségo" est assez difficile. Elle fut tout d'abord contestée au sein de son propre parti, ce qui est encore le cas, et peine sérieusement à convaincre les français et ainsi à rassembler un maximum d'électeurs. Celle qui fut déjà ministre de l'environnement et ministre déléguée à l'éducation nationale joue également sur le fait qu'elle incarne la première femme qui a de réelles chances pour devenir Présidente de la France. "La France", justement parlons en : le patriotisme est devenu aussi une nouvelle priorité de son programme. Elle n'est plus à une gaffe près (Chine, Canada etc etc), mais cette fois ci son nouveau discours crée encore plus de division au coeur de son parti...
Pour avoir un avis...- Frédéric Nihous : la confirmation d'une place politique ?Il représente le parti de Chasse Pêche Nature et Tradition (CPNT). Il s'agit là de sa première participation à cette élection. Cette année Frédéric Nihous prend la place de Jean-Saint Josse en tant que candidat. 2007 pourrait bien signer la fin définitive du mouvement, ou bien l'événement contraire : une grande réussite en confirmant le score de 2002 qui était de 4,23% et passer ainsi la limite des 5%. Le chemin risque d'être laborieux à l'image de la défense de la chasse ou bien de la corrida en France. Mais ce combat n'est pas perdu d'avance, et si la campagne de Frédéric Nihous est bien menée, il pourrait bien rassembler les "indécis"...
Pour en savoir plus...- Jean-Marie Le Pen : la candidature du bluff ?Il représente le Front National (FN). Il s'agit là de sa cinquième présentation à cette élection. Pour ce qui s'avère être certainement sa dernière campagne présidentielle, Jean-Marie le Pen croit plus que jamais à ses chances de rééditer sa performance de 2002... Seulement voilà, aujourd'hui il plafonne dans l'électorat français. Il n'arrive pas à dépasser sa moyenne de 15%, et pour faire parti du second tour, il faudra faire bien plus ! En tous les cas, le leader du FN ne perd pas une occasion pour fustiger et Nicolas Sarkozy et Philippe de Villiers sur leurs positions "francophile". Le problème de cette année, c'est que le peuple français risque de se lasser de Jean-Marie Le Pen. En effet, il est présent dans le débat politique depuis plus de 50 ans, et rien ne semble avoir réellement changé par rapport aux valeurs nationalistes qu'il défend. Nous pouvons donc légitimement nous demander si le projet du candidat tiend encore la route.
Pour en connaître davantage...- Arlette Laguiller : un bilan positif ?Elle représente la Lutte Ouvrière (LO). Il s'agit là de sa sixième participation à cette élection. Elle en est la doyenne de l'exercice présent ! Nous savons d'ailleurs aujourd'hui que cette campagne en tant que candidate sera la dernière... en 2012 il y en aura UNE autre. Et oui, le féminisme, ou plutôt cette forme de misandrie, continuera après le 22 avril. Arlette Laguiller ne fait pas dans le neuf. Elle reprend ses mêmes slogans qu'en 1974 : 'travailleuses, travailleurs". Puis surtout son discours est basé sur "l'arrogance des profits et des bénéfices des entreprises"... et le Cac40 n'est pas non plus épargné. Auteur d'un bon score en 2002 avec 5,72% des suffrages, la candidate LO espère secrètement refaire, voire dépasser, son résultat, mais la tâche s'annonce plus que périlleuse et délicate. En effet, la division qui a lieu à "gauche" ne joue pas en sa faveur... Arlette Laguiller voudra néanmoins partir avec les honneur !
Pour en découvrir plus...- Nicolas Sarkozy : un véritable changement ?Il représente l'Union pour un Mouvement Populaire (UMP). Il s'agit là de sa première présentation à cette élection. Il se veut être l'homme de la "rupture tranquille" et incarner le changement de la France en prônant que "tout est possible", bref Nicolas Sarkozy a la conviction de porter avec lui un "message d'espoir". Ce message passe très bien chez certains électeurs, mais coince davantage chez d'autres. Le paradoxe de "Sarko" c'est qu'il n'y a pas de "juste milieu" dans ces propositions, mais il n'y en a pas non plus parmi son électorat. Son "oeuvre" de rassemblement est facilitée néanmoins par la division de la "gauche" et donc en partie de sa rivale Ségolène Royal, mais peine du côté de la droite de la droite, avec Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers qui créent le trouble par des valeurs toutes bien distinctes mais se confondant sur les notions générales du patriotisme.
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