Journées d'Eté d'Europe Ecologie

Par Diplomate0669 - Publié dans : Journées d'Eté d'Europe Ecologie
Mardi 7 septembre 2010 2 07 /09 /Sep /2010 12:30

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Grande plénière du vendredi 20 août, 18h-21h.

 

En présence de :

 

  • Corinne Lepage, présidente de CAP21 ;

  • Patrice Bessac, porte-parole du PCF ;

  • Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts ;

  • Daniel Cohn-Bendit, eurodéputé ;

  • Pierre Moscovici, secrétaire national du PS chargé de la convention nationale sur le nouveau modèle de développement ;

  • Corinne Morel d'Arleux, secrétaire nationale du Parti de Gauche au combat écologique.

 

La plénière commence par une brève présentation des enjeux que chacun estime importants pour construire (ou pas) un partenariat. Les interventions ne doivent pas excéder 3 minutes... chose rare lors d'une conférence, tous auront respecté les temps de parole : un bon signe, cela laisse présager une véritable écoute et une véritable conviction pour ce moment politique.

 

C'est Corinne Morel d'Arleux qui ouvre le bal en se revendiquant également pour une « transformation écologique et sociale de la société ». Pour elle, la question à se poser est la suivante : que consommons-nous et que produisons-nous ? La réponse efficace à ce problème serait alors de revoir notre perspective productiviste selon une « planification écologique ».

Pour Patrice Bessac il existe trois enjeux majeurs. Le premier revient à attaquer la nouvelle aristocratie financière mondiale qui pèse lourdement au niveau des conséquences économiques, sociales... et écologiques. Le second concerne la « responsabilité de la gauche », c'est à dire que le moment actuel peut permettre un retour aux valeurs de gauche et cela doit donc se faire intelligemment car il n'y a pas le droit à l'erreur, surtout vis-à-vis des citoyens. Enfin, il doit y avoir une remise en cause des institutions car ces dernières sont empruntes d'un fort caractère monarchique.

L'intervention de Pierre Moscovici ne fut pas d'une sérénité parfaite du fait de l'animosité de certaines personnes présentent dans l'amphithéâtre. Néanmoins, il a tout de même pu énoncer son avis, au nom du PS. Selon lui justement, « quelque chose d'important » se passait dans la « confrontation et dans l'échange » qu'avaient alors lieu. Il a martelé l'idée selon laquelle « aucun parti politique ne pourra[it] gagner seul ». Il a dans la foulée reconnu la « possible position [trop] hégémonique du PS » par le passé. Vis-à-vis des écologistes, il avoue ne pas avoir les « mêmes positions » sur l'ensemble des sujets mais cela ne doit pas empêcher de prendre conscience de « la responsabilité commune » à former une alternative, créant une alternance au sarkozysme qui aura été une « expérience brutale, traumatisante, grave » pour la France. Pierre Moscovici a revendiqué de ce fait une « alternative durable » pour la gauche. Il y a donc un « devoir commun de construire une transition - le terme diffère de transformation, cela n'est pas anodin - sociale et écologique » et en conséquence de construire un « nouveau modèle républicain ». Retrouvez son intervention en vidéo :

 

 

 

Corinne Lepage est intervenue par la suite en donnant deux axes de réflexions. Tout d'abord, il faut « rendre possible les choses concrètes » ce qui oblige évidemment un projet à long terme et force à sortir des contradictions. Ensuite, il est de "notre devoir de défendre les valeurs républicaines lesquelles ne doivent en rien être théoriques". Retrouvez son intervention en vidéo :

 

 

 

 

Le moment est venu pour les représentants « directs et officiels » de l'écologie de s'exprimer enfin. Cécile Duflot prend la première la parole. Pour elle il est manifeste que « les mots, les termes de l'écologie ont été accepté mais il n'y a rien de concret ». L'enjeu fondamental est donc de « répondre au désarroi, à la souffrance et au mal-être » des français. Il est de leur responsabilité de « redonner envie de croire en la politique dans un pays qui ne croit plus en grand chose ». Pour elle les mots ont un sens et les valeurs républicaines doivent se caractériser par une société plus "juste et plus égalitaire" car aujourd'hui nous avons affaire à un "écartèlement social et à une incompréhension citoyenne", d'où la nécessité de la transformation écologique et sociale. Retrouvez son intervention en vidéo :

 

 

 

 

Enfin, Daniel Cohn-Bendit clôture ce « 1er tour » en posant à son tour deux enjeux. Premièrement la "transformation écologique de l'économie" a pour but de sortir de la crise en posant les jalons sur le long terme. Deuxièmement, il s'agit de « renouer avec une autre idée de la gouvernance démocratique ». Il doit apparaître une « éthique de gouvernance » dont le centre de préoccupation principal passe par le « bien commun ». Cette « rénovation culturelle démocratique » sera difficile mais ceux qui vont diriger doivent en prendre conscience. Retrouvez son intervention en vidéo :

 

 

 

 

Par Diplomate0669 - Publié dans : Journées d'Eté d'Europe Ecologie
Mardi 7 septembre 2010 2 07 /09 /Sep /2010 12:15

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Grande plénière du vendredi 20 août, 18h-21h.

 

En présence de :

 

  • Corinne Lepage, présidente de CAP21 ;

  • Patrice Bessac, porte-parole du PCF ;

  • Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts ;

  • Daniel Cohn-Bendit, eurodéputé ;

  • Pierre Moscovici, secrétaire national du PS chargé de la convention nationale sur le nouveau modèle de développement ;

  • Corinne Morel d'Arleux, secrétaire nationale du Parti de Gauche au combat écologique.

 

Cécile Duflot ouvre la seconde partie des débats. Il est clair pour elle que Europe Écologie et le Parti Socialiste ont des projets différents. C'est pourquoi il n'y a pas de « perspective de projet commun pour 2012 ». Ce qu'il faut alors viser c'est un « contrat sur réalisation » des enjeux respectifs, ce qui ne pourra pas se faire sans « dire la vérité des désaccords et des points positifs ». L'un des axes de travail important des mois et des années à venir est celui de la « croissance et du développement économique ». Il y a le besoin d'une prise en compte des spécificités du monde. Cela s'accompagne de fait d'une lutte contre la « productivité inutile » et la mécanisation outrancière à laquelle nous sommes exposés. Le contact humain doit être préserver ce qui revient à respecter les paysans.

Patrice Bessac enchaîne en estimant que le « mariage du vert et du rouge est une relation passionnée ». Cette phrase a considérablement fait exploser de rire la salle. Néanmoins il continue son intervention en clamant haut et fort qu'il faut prendre part au « chantier d'une gauche victorieuse demain » et également de réassumer une politique portée vers la culture.

Pour Pierre Moscivici un aspect essentiels pour un partenariat efficace et durable c'est de faire preuve de « sincérité ». Selon lui, le PS a pris conscience des enjeux et des maladresses de la notion de productivisme d'où l'idée d'une TVA différenciée selon les produits. L'avenir ne peut s'inscrire nulle part d'autre que dans l'Europe, une notion qu'Europe Écologie a toujours mis en avant. Les piliers de la société doivent également reposer sur les notions de liberté et de justice et enfin, la croissance de même que les industries ont une place, un rôle et une reconversion à tenir pour la société de demain.

Corinne Lepage se dit favorable à une "évolution allant vers l'entreprise", avec plus d'Europe et donner une place centrale à l'emploi. A propos du nucléaire, elle propose que l'on sache « comment on évalue les investissements public ». Pour elle il y a un besoin criant d'innovation à ce sujet, le PIB étant un "mauvais outil". De ce fait elle en propose d'autres : les politiques publiques mises en œuvre et leur répercussion, le patrimoine etc. etc.

En matière d'Europe, Daniel Cohn-Bendit est sur la même longueur d'onde et pense ouvertement que c'est l'Europe qui va permettre la fameuse transformation écologique. "Envisager la politique européenne passe par Bruxelles" où il y a – et il faut le savoir une bonne fois pour toute – une « réserve financière » de taille. La politique européenne future doit être au centre des préoccupations car c'est par elle que pourra se "concrétiser la politique sociale et écologique dont nous avons besoin".

 

 

 

 

Pierre Moscovici par rapport au nucléaire s'est voulu bref : il faut un calcul de la « rentabilité » de cette forme d'énergie et en donner le « délai » suffisant. Il a ensuite enchaîner sur le thème de la sécurité, cette dernière la souhaitant « libre et juste ». Pour lui il est indispensable de renforcer les libertés publiques. Il estime également que Nicolas Sarkozy « ne respecte pas les principes républicains ». Ainsi, la campagne en faveur des libertés publiques doit commencer dès cet été et ne pas attendre 2012. Mais l'ancien ministre met en garde à propos du piège de la rentrée qu'il faut éviter sur le thème du social. « Il ne faut pas toujours accepter le débat de l'adversaire ». Il promeut enfin le respect des forces de l'ordre – qui semble évident ! - et de leur budget. Il y a alors une « proximité à retrouver » en liant cela au respect des libertés.

Pour Daniel Cohn-Bendit, il est fondamental de recouvrer la liberté de la presse. Le problème étant entre autre que la "publicité oblige la consommation". Mais de suite l'eurodéputé met en garde vis-à-vis d'une condescendance possible de la part de certain qu'il faut éviter absolument car « on n'est pas mieux que les autres ». Ensuite, selon lui, le discours qui vante l'augmentation des salaires pour rebooster la consommation est négatif. Il faudrait un changement structurel car « ce n'est pas au gouvernement de dire ce qui est bien et ce qui est mal ». Les politiques publiques doivent en amont donner la possibilité aux citoyens de trouver le chemin de leur émancipation. Concernant le nucléaire, Daniel Conh-Bendit défend l'idée que ce n'est pas la faute de l'Europe si nous n'en sortons pas mais que cela est « dans nos têtes ». Il s'explique : en Allemagne il y a eut il y a trente ans une alliance totale des Verts aux néo-libéraux et à la sociale-démocratie. L'énergie du pays a donc pu petit à petit trouver une voie pour son renouvellement. Pour lui « l'énergie nucléaire n'a pas d'avenir » et en sortir nécessitera bien évidemment le besoin d'un financement.

 

 

Corinne Morel d'Arleux en matière de sécurité estime qu'il y a un problème de moyen et que nous devons nous poser la question de l'efficacité des politiques menées. Actuellement il y a un « double langage » de la part du pouvoir à travers des « textes hypersécuritaires » et la baisse du budget de la police. Pour le Front de Gauche, il y a une vision large de la question de la sécurité humaine et du droit d'intégrité qui renvoie à la santé, au social etc. etc.

Daniel Cohn-Bendit enchaîne sur le sujet de la sécurité et met en garde : « ne tombons pas dans l'angélisme ! » Néanmoins, il s'attaque aux choix de la fermeture des salles de consommation de drogues, ce qu'il considère comme étant un « crime pour la sécurité » et une « non-assistance à personne en danger » car il s'agit d'une question de « sécurité et de santé publique ». Ensuite, à propos de la sécurité dans les banlieues, il faut discuter de la façon dont on peut arriver à « dépénaliser et décriminaliser les drogues douces ». Le problème c'est donc que les « mafias et les gangs se créent quand on organise du manque », ce que va favoriser le gouvernement et les politiques mises en œuvres. Il y a le besoin d'une politique de proximité et de réseaux sociaux mais à eux seuls ils ne résoudront rien car cela reste insuffisant. DCB cite l'exemple de la politique menée par Giuliani à New-York, où des gymnases sont désormais ouverts 24h/24 pour que les jeunes aillent faire du sport au lieu de rester inactifs et souvent dans la rue. Il fait ensuite référence à Philippe Meirieu qui la veille lui expliquait que les écoles publiques étaient fermées un jour sur deux. Ainsi, il faut « donner des loisirs, des lieux d'occupations »... et donc pourquoi pas réquisitionner ces écoles qui demeurent inutiles la moitié de leur temps ?

Pour Corinne Lepage il faut revenir aux causes du sentiment de l'insécurité. Pour elle c'est un ensemble interdépendant (budget, éducation, culture etc.). L'insécurité est également d'ordre économique et à tous les niveaux que cela puisse être ; le jeu du Front National est fait par l'intermédiaire de Nicolas Sarkozy avec ses politiques migratoires qui font l'amalgame avec l'insécurité. Il y a donc un grave « danger » à propos de la « rupture » avec les valeurs républicaines.

Cécile Duflot prône la convergence et la « nécessité d'une nouvelle réponse » en matière de sécurité sans tomber dans l'angélisme, elle le répète. L'idée serait une « politique de prévention avec des acteurs sur le terrain ». Aujourd'hui la répression fait trop figure de « sanction » à l'aide d'une « justice immédiate ». Le message écologiste doit contenir la « culture de la non-violence ». Les réponses militaires et sécuritaires physique ne peuvent pas fonctionner sur le long terme (exemple de l'Afghanistan). Il doit y avoir une chaîne logique : « prévention – dissuasion – sanction - réinsertion ».

Enfin, DCB évoque le problème de l'immigration (qui ne devrait plus en être un). Pour lui, « l'Europe en a besoin » de l'immigration. Les solutions sont à trouver par l'Europe car cet espace européen est un « espace de vie » et pas seulement économique. Face à ce besoin d'immigration, des réponses sont à trouver notamment lors de l'entrée dans l'Europe et la préparation à l'intégration qui doit donner envie de s'identifier au pays et d'y être accepter. Le souci majeur est souvent celui de la part de l'immigré de ne pas se sentir chez soi et donc de ne pas être responsable de la paix au sein de la société et de ne pas se sentir reconnu.

 

 

 

Par Diplomate0669 - Publié dans : Journées d'Eté d'Europe Ecologie
Mardi 7 septembre 2010 2 07 /09 /Sep /2010 12:00

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  Grande plénière du vendredi 20 août, 18h-21h.

 

En présence de :

 

  • Corinne Lepage, présidente de CAP21 ;

  • Patrice Bessac, porte-parole du PCF ;

  • Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts ;

  • Daniel Cohn-Bendit, eurodéputé ;

  • Pierre Moscovici, secrétaire national du PS chargé de la convention nationale sur le nouveau modèle de développement ;

  • Corinne Morel d'Arleux, secrétaire nationale du Parti de Gauche au combat écologique.

L'autre partie du débat a était consacré essentiellement à la question du périmètre et de la nature du partenariat. Pour Cécile Duflot la voie semble claire : un « accord libre et responsable ».

 

Corinne Lepage regrette une « politique qui sépare » alors qu'il faut rassembler et ainsi ériger un « arc républicain ». Il est évident pour elle qu'il faut éviter un second mandat de Nicolas Sarkozy pour 2012-2017. Le but est donc dans ce partenariat à venir de trouver une « synthèse et non un programme commun ». Elle se dit favorable à un « projet de transition [et non de transformation] vers un autre modèle de développement ».

Pour Patrick Bessac l'objectif majeur est le suivant : « battre Sarko mais surtout sa politique ». Il propose alors la formation d'une « alternative de gauche » laquelle doit être pétrie de remises en causes fondamentales afin de tendre vers un « mouvement citoyen et populaire » où chacun aura droit au débat et aux initiatives.

Corinne Morel d'Arleux souhaite « changer la donne à gauche pour créer une véritable alternative » car elle estime qu'aujourd'hui il y a un constat manifeste de la dérive du PS vers un modèle social-libéral. L'autre point sur lequel elle revient est bien évidemment celui de « battre la droite et Sarko » - Je ne reviens pas là-dessus. Ensuite, elle propose de mettre en œuvre un « vrai programme de rupture » avant d'évoquer l'Europe dont elle pense qu'il faut recourir à la réouverture des négociations à propos du traité européen car le problème est lié au rapport avec l'Europe qui est entretenu : « quelle marche avec le capitalisme » ? C'est un refus catégorique de la part du Front de Gauche. Corinne Morel d'Arleux dénonce enfin que le capitalisme s'est emparé et approprié l'écologie, en le détournant de son essence première. « Aujourd'hui, la gauche a une responsabilité politique ».

Quant à Cécile Duflot, elle est « fatiguée d'entendre toujours les mots ''capitalisme'', ''gauchiste'' » etc. Pour elle le débat doit porter sur la question de « que produit-on, comment et pourquoi ? » L'objectif est d'engager une transformation écologique de la société car il y a urgence ! Aujourd'hui il y a un « déficit de foi réel en ce que la politique puisse changer les choses ». Cécile Duflot rompt clairement avec les positions du passé de l'écologie politique dans le sens où elle souhaite « aller à l'exécutif » car pendant trop de temps les « écologistes ont joué sur cette non-présence » comme pour se montrer plus « purs » mais ce n'est en rien efficace.

Pierre Moscovici est également très clair sur le sujet. Personne n'est « prêt pour un programme commun ou une candidature commune » donc cela n'arrivera pas. A l'aube de 2012, la gauche est à un « fort moment de responsabilité ». Il précise qu'il ne doit pas y avoir « d'alliance de façade » et préserver une forme de gauche plurielle sans retomber dans les vieilles unions des années 1970 et 1980. Il assume le fait que l'échec a trop longtemps été la conséquence d'une « hégémonie socialiste ». Il fait plaisir à toute la salle en disant que les écologistes ne doivent pas seulement être dans un gouvernement au ministère de l'environnement. Enfin, en terme de « contrat » il en faut un qui soit « public et révisable ».

Pour conclure, la parole revient à DCB. Il souhaite revenir sur la question de l'hégémonie de la gauche. Il prend l'exemple de l'Italie où cela fut un fiasco puisqu'aujourd'hui c'est Berlusconi qui est au pouvoir ! Il soulève de plus le problème que dans la société l'orientation se fait selon une gauche et une droite qui représentent quelque chose à certains mais que pour « une autre partie il n'y a pas de réponse à leurs problèmes ». Ainsi, comment parvenir à un partenariat ? L'idée serait d'arriver à trouver « 20 propositions, sur l'urgence de la transformation écologique, la gouvernance nouvelle, une autre démocratie, les 1% d'aide culturelle et au développement » ce qui constituerait une « base de négociation avec les citoyens français et ceux qui les représentent ». Les raisons et les explications des crises que nous subissons nous les savons, mais malgré tout il n'y a « pas de résultats ». Alors il y a une responsabilité face au pouvoir actuel de « donner la possibilité à tous les citoyens d'où qu'ils viennent de nous rejoindre ». Ce n'est pas de l'opportunisme car il y a un « accord » en substance. Aussi, il ne faut pas tomber dans un procédé de « réponse scientifique » car ce n'est pas constructif. Le compromis est une forme d'accord raisonné et raisonnable permettant à terme de continuer à appeler les citoyens à rejoindre le rassemblement. Pour DCB il faut « accepter de dialoguer avec tous, être ouvert vers toute la société avec les difficultés que cela représente ». Enfin, il conclu la plénière de cette façon : le « périmètre (du partenariat) c'est le résultat de notre intelligence politique et de notre capacité à innover politiquement ». La démocratie se doit d'être nouvelle et ouverte d'où sa phrase lancée comme un cri du cœur (un peu sous la stupéfaction de Cécile Duflot) : « Welcome in the club » à tous ceux qui le veulent en faveur d'une « politique juste, sociale, basée sur la transformation écologique et ayant une responsabilité européenne ».

 

 

 

 

 

Par Diplomate0669 - Publié dans : Journées d'Eté d'Europe Ecologie
Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 08:00

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En présence de :

 

  • Ghislaine Hierso, représentante de l'association Orée – Répercussion écologique sur les industries ;

  • Emmanuel Delannoy, représentant d'Inspire – Répercussion écologique sur l'économie ;

  • Sandrine Bélier, eurodéputée ;

  • François Letourneux, président de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature en France)

  • Pascale Rossler, vice-présidente de la région Centre.

 

Abscence de Anny Poursinoff, Grégoire Lejonc pour Greenpeace et Yann Arthus-Bertrand.

 

 

 

 

Sandrine Bélier ouvre ce forum en évoquant le sommet de Nagoya qui se tiendra en octobre prochain. Il s'agit du sommet mondial de la biodiversité. Une étude menée par un économiste britannique depuis trois ans sera dévoilée. Elle porte sur "l'évaluation économique des services rendus par la nature et le coût de l'inaction". En prévision de ce sommet, il y a la possibilité d'emblée de mettre en place deux stratégies. La première dénonce que d'ici 2050, il y aura un "manque immense des ressources piscicoles". La seconde met en avant la "nécessité d'un accès et d'un partage aux avantages des ressources énergétiques". Tout cela s'inscrit dans les enjeux du rapport direct entre les Nords et les Suds. Enfin, ce sommet verra cinq points de négociations majeurs.

  • Intégrer la biodiversité à tous les niveaux de gouvernement et à toutes les échelles de la société de même que les entreprises ;

  • Trouver les moyens et les outils de réduire les « pressions directes » (pollution, urbanisation, espaces invasives) ;

  • Sauvegarder les espaces et ainsi fixer à l'échelle mondiale un procédé de « terre protégée » ;

  • Mettre en place un aménagement des avantages liés à la biodiversité et aux écosystèmes procurant ainsi un partage de ces avantages de même qu'une évaluation des services redus par la nature.

  • Renforcer les mises en oeuvres politiques de la biodiversité à travers les politiques de financement. Par exemple il pourrait avoir la proposition faisant qu'une partie du PIB de chaque État participe à ce financement de la biodiversité de même qu'au développement de connaissance.

Sandrine Bélier, eurodéputée, rappelle enfin qu'elle est chargée de la coordination de la campagne de la biodiversité des Verts européens et souligne la « position ambitieuse » de la politique défendue au sein du Parlement. A l'heure actuel l'espoir est grand, et l'intégration de la biodiversité dans les politiques de l'UE passent également par les politiques sectorielles. Pour acter de la préservation de la biodiversité, la « stratégie 20 20 » a été mise en place. Il s'agit d'un processus économique à moyen terme. Enfin, Sandrine Bélier a souhaité redire combien il était capital de concevoir ces enjeux de façon transversale, en traitant la biodiversité à la fois à travers ses aspects économiques aussi bien que sociaux. Il est primordial de « valoriser le capital et le patrimoine naturel sans pour autant monétariser la nature ».

 

Le relai est pris par Emmanuel Delannoy qui regrette qu'il n'y ait pas d'études sur la biodiversité à propos de l'emploi. Selon lui, le potentiel de la biodiversité est tel, que cela permettrait « la transformation des emplois qui existent et leur rapport à l'économie». Néanmoins, en 2009 un groupe de travail a créé un comité de la filière de l'environnement. Le but étant de recenser les individus travaillant dans la biodiversité. Il s'avère que cela représente seulement 2% du total des emplois de l'environnement. Pourtant il y a un fort potentiel de croissance et l'objectif est dans un premier temps de doubler ce pourcentage, soit 20 000 emplois supplémentaires. Par simple comparaison, Emmanuel Delannoy a rappelé que les collectivité territoriales employaient à elles seules 80 000 personnes pour les « espaces verts ». Néanmoins, malgré ce faible pourcentage, il estime que les « emplois induits de la biodiversité représentent la quasi totalité des emplois car les biens et les services dépendent de l'écosystème ». Il y a un « génie écologique » où apparaît l'aménagement des espaces pour les vivants (et non pour la beauté seule). A travers ce fort potentiel d'intégration, sur dix ans, cela pourrait représenter 10 000 emplois.

Dans le secteur industriel il faut souligner le nombre de métiers qui émergent. Ainsi, le lien doit être fait entre les entreprises et les écologues et biologistes. « La biodiversité ce n'est pas seulement un parc ; c'est penser le rapport Homme / Nature ». Il y a deux approches à cela. La première est "défensive" et s'établit sur les « acquis » que nous avons déjà à propos de la nature et de notre milieu. La seconde est quant à elle « offensive » et se développe par la « création de nouveaux métiers ». Bien évidemment, une question fondamentale se pose : « qui va investir ? ». L'idée serait de rendre solvable cette demande de bien et de services par une refonte de la fiscalité actuelle. En effet, on parle souvent de la fiscalité du capital mais peu sur celle des ressources.

De toute manière il est indispensable de trouver un autre argument que celui qui est monétaire. Cela relève du « devoir moral que de préserver les écosystèmes pour ce qu'ils sont et non pas simplement pour ce qu'ils peuvent nous apporter ». Enfin, nous sommes dans une époque « post-néolithique » (expression de F.Letourneux) car il faut trouver un moyen de renouveler les relations entre les Hommes et la Nature. Actuellement notre comportement n'est que pure « illusion de la maîtrise de la Nature par l'Homme ».

 

 

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François Letourneux cite dans un premier temps Robert Barbot : la nature c'est « le tissu vivant de la planète ». Le pillage aujourd'hui encore effectué envers les Sud est une atteinte complètement invisible à la terre et à la mer. L'enjeu est simple : une « biodiversité ordinaire ». Actuellement une faune indigène en France gagne du terrain. Selon Birdlife, il y a une baisse de près de 40% par rapport aux espèces d'oiseaux non menacés en 20 ans. La première chose à mettre en place c'est un système de « connaissance » car nous avons trop basé notre développement sur l'exceptionnel. Il n'y a pas photo : il y a près de un million deux cents mille espèces nommées alors que l'on sait qu'il y en a jusqu'à trente millions ! Ensuite tout passe bien évidemment par la « préservation de la nature » car les espèces protégées ont changé de rôle et de fonction. Il en faut une gestion dynamique sans tomber dans le créationnisme et dans le fixisme. Nous, humains, nous serons prochainement 9 milliards ce qui fera que nous serons l'espèce la plus abondante !

François Letourneux revient sur le concept intellectuel du « néolithique » basé sur la simplification. Il s'agit d'un choix arbitraire de sélection envers les espèces domestiques. De plus, l'intensification agricole est une des premières causes de la perte de la biodiversité. Le progrès tel qu'on le conçoit est terminé et il faut changer l'évolution de ce progrès.

Enfin, pourquoi ne pas considérer une voie ferrée comme un corridor écologique ? Serait-ce un surcoût ? Probablement pas... et même s'il y en a un, la biodiversité c'est tout de même là pour mieux manger, mieux vivre et pour avoir de meilleurs paysages.

 

Sandrine Bélier reprend la parole pour rappeler le rapport de Pavan Sukhdev qui stipule notamment que le l'on pourrait économiser des pertes de 50 milliards d'euro par an à l'échelle européenne. Il est important de savoir qu'à  « chaque euro investi peut aller jusqu'à un retour sur investissement à 100€ ».

 

C'est au tour de Ghislaine Hierso qui souhaite lier davantage le climat et la biodiversité. Pour elle, « 90% des réglementations sont faites par l'Europe » et elle souligne une « réduction des différents impacts environnementaux ». « Il n'y a pas que la baisse du CO² » qui doit être prise en compte dans les politiques environnementales mais il faut aussi parler de l'eau et des autres énergies dont l'humain a besoin. Enfin, elle fait mention que les entreprises sont dépendantes de 30 à 90% de la biodiversité et elle lance l'idée d'avoir une « comptabilisation des flux de la biodiversité ».

 

Pour clôturer cet atelier Pascale Rossler qui est vice présidente de la région Centre à la biodiversité, l'éducation à l'environnement et le tourisme est revenue sur le fait qu'au début du siècle on avait affaire à une destruction de notre milieu alors qu'aujourd'hui on est dans une phase de reconstruction. Également, il est capital de « sortir d'une approche sectorielle » et « optimiser les fonds publics pour faire levier ». Selon Pascale Rossler, 40% de l'économie repose sur les services rendus par la nature. Mais le problème est lié au fait que l'économie ne se fait qu'en fonction de critères de rentabilité. Pourtant, l'environnement est une variable d'ajustement envers le social. Ce qui est indispensable de faire c'est une « sensibilisation » accrue à ce sujet, surtout lorsque l'on sait que « 80% de la biodiversité se trouve dans les sols ».

 

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« L'être humain fait partie de cette biodiversité » - Sandrine Bélier.

 

 

Par Diplomate0669 - Publié dans : Journées d'Eté d'Europe Ecologie
Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 08:00

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En présence de :

 

  • Alain Joxe, sociologue et directeur d'étude EHESS ;

  • Niels Andersson, ATTAC – Auteur de « Un autre ONU pour un autre monde » ;

  • Alima Moumediene-Thiery, sénatrice ;

  • Patrick Farbiaz ; rédacteur en chef de la revue d'écopolitique internationale « PachaMama »

  • Gérard Onesta, ex vice-président du Parlement européen ;

  • William Bourdon, avocat.

 

Animateur de ce forum, Patrick Farbiaz fait un constat d'entrée : nous le savons, les États nations dans leur forme et dans leur fonctionnement actuel ne peuvent pas résoudre à eux seuls les problèmes auxquels le monde entier est confronté. De plus, s'ajoute gravement la « crise énergétique et climatique ». De façon peut-être légèrement provocatrice, il est possible de se demander et de réfléchir s'il existe une « politique interne mondiale »...

 

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Patrick Farbiaz

 

Le premier à exposer sur ce sujet est Alain Joxe. Il commence tout d'abord par dresser un constat « stratégique ». La crise économique que nous subissons tend à devenir une « crise financière ». Ce sont la transnationalisation et la globalisation qui ont favorisé une société basée sur la spéculation dont les catastrophes naturelles sont en partie significatives. Il coupe court à la tentation de penser que les économies feront un repli vers un fascisme nationaliste tout simplement parce que la mondialisation ne le permet plus – je rajouterais, à long terme – Le souci majeur est donc d' « éviter la guerre, de repérer tous les symptômes visibles, et invisibles, pour la prévenir » et de ce fait s'en préserver. Sa théorie se base avant tout sur une analyse de la puissance américaine, par qui tout passe irrémédiablement. Mais nous sommes en droit de nous poser la question à savoir pourquoi est-ce qu'il existe un « leadership américain » alors que sa notoriété montre pourtant son « incapacité de victoire lors d'une guerre » (Afghanistan, Irak). Il est évident que la dominance américaine est désormais fragilisée. Il faut remonter à la création de l'ONU pour se rappeler que cette institution a transformé les relations internationales à l'époque en un système bipolaire : les États-Unis d'un côté, l'URSS de l'autre. Aujourd'hui encore, il perdure un « lobby militaire » de même qu'une « connivence avec l'industrie de l'armement ». En parallèle, l'OTAN a fait en sorte de fonder un « système sécuritaire global ». En connaissance de ces deux points, revenons sur la puissance américaine qui suit une logique qualifiée de « réaliste » dans les théories de relations internationales du fait que les États-Unis part en guerre dans l'optique de l'empêcher... C'est une politique qui consiste finalement à préserver la supériorité d'un État vis-à-vis d'autres. Néanmoins, il faut savoir que l'ONU dans sa réglementation interdit ce principe de « guerre d'agression ». En ce qui concerne l'Europe, elle se voit privée d'une politique de défense car elle la délègue et la confie à l'OTAN. A la surface du globe, la construction d'armement est faite dans l'optique d'une « guerre possible »... simple mesure de précaution ! En l'état actuel des choses c'est l'ivresse de la modernité par le biais de l'électronique qui fait foi. De plus, l'Europe se voit « interdite de politique sociale » car sa vocation doit être celle de mener seulement une politique économique et financière. La seule évidence qu'a permis l'Europe (en tant qu'institution, et non territoire géographique) c'est la paix entre ses membres. Alain Joxe fini son intervention avec l'idée de doter l'Union Européenne d'un « Conseil de Sécurité Autonome ».

 

La parole est passée à William Bourdon qui pose la question immédiatement de savoir qu'elle est la place de la « société civile internationale ». Son argumentation est bâtie sur la dénonciation du paradoxe actuel : pour la répression des crimes internationaux (génocides, crime contre l'humanité etc. etc.) le jugement est donné par une Cour pénale internationale ce qui fait que les États délèguent une partie de leur souveraineté à la Cour. Pourtant, cette publicisation de la justice doit faire front à une privatisation du monde. Depuis quelques temps, on peut voir que la société civile internationale a gagné en technicité, en professionnalisme et en universalisme. Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) ont une forme de reconnaissance d'expertise, ce que l'on peut retrouver dans les textes du Conseil de l'Europe de 2003 qui leur confère un statut « participatif » renforçant celui qui était jusqu'alors « consultatif ». Ce qui est non négligeable quand on sait que près de 20 000 ONG gravitent autour de la nébuleuse européenne de Bruxelles. Pour permettre une plus grande cohérence mondiale et une meilleure transparence, il est nécessaire de procéder à un véritable « partage d'information » afin d'institutionnaliser la capacité critique de la société internationale ouvrant droit de fait à un « partage de décision ». Enfin, pour permettre un meilleur développement et une meilleure action dans un premier temps européenne puis mondiale, il est primordial de rendre plus « légitime les institutions financières » (dans leur mode de mise en place, de procédure et de fonctionnement).

 

Pour Niels Andersson, il s'agit de « mettre l'ONU au centre des relations internationales ». Pour lui, la mondialisation possède ses logiques propres et c'est pour cela qu'il faut s'interroger sur les instruments démocratiques à faire intervenir. Le problème originel des relations internationales c'est qu'il s'agit d'un « système sans tête mais avec des maîtres ». Les relations internationales sont de plus en plus inégales et la fin de l'ONU est liée à cette augmentation croissante de ces inégalités. La première solution est à la fois de « s'opposer aux réalistes » – revendiquant la loi du plus fort – et aux « directoires » – ceux qui s'apparentent davantage à un modèle oligarchique. La légitimité de l'ONU remonte à la fin de la Seconde Guerre mondiale d'où la nécessité d'une refonte du système des relations internationales et de l'ONU. Le but étant de modifier le rapport de force au sein des relations internationales. Enfin, pour Niels Andersson, la démocratie mondiale doit s'exprimer par la vitalité et la conscience de la société civile.

 

gérard onesta Gérard Onesta

 

En ce qui concerne Gérard Onesta, c'est toute la « hiérarchie des normes qui est à revoir ». Ses mesures concrètes reposent sur l'idée d'une « parlementarisation de l'ONU » et d'une demande de « pluralité des média libres » doublée d'une plus forte intégration de la société civile notamment en matière budgétaire. Cela revient à ce que l'ONU soit plus en relation avec les peuples. Le problème majeur de l'ONU est son mécanisme faisant appel à de « grands féodaux », problème que ses pères fondateurs avaient sentis d'où l'idée de pondérer les voix au Conseil (exemple : France, 15 et Luxembourg, 2) et de procéder à une représentation parlementaire sur la base de groupes politiques non nationaux. Aujourd'hui, l'Union Européenne a fait beaucoup de chemin puisque il existe la « co-décision » au Parlement, ce qui signifie que cette institution n'a plus seulement un statut consultatif, la décision est possible conjointement sur 70 thèmes des 73 possibles. De plus, pour faire un groupe au Parlement il y a l'obligation qu'il soit transnational. L'idée serait donc de « clôner » ce mécanisme européen au niveau mondial dont la finalité serait la « baisse du choc des égoïsmes nationaux de même que la perte des trop nombreux diplomates » (personnalités non-élues).

 

Pour clôturer ce débat, Alima Boumediene-Thiery s'est dit « beaucoup plus terre-terre que Gérard Onesta et sortir d'une logique utopique ». Elle dénonce un manque de cohérence entre les différentes politiques nationales, régionales et locales. Il y a pour elle un besoin pressant de réformer les institutions. Au niveau européen, le « Conseil de l'Europe détient trop de pouvoir ». Et si l'on veut savoir pourquoi il existe ce trop grand décalage, il faut chercher sa cause du côté de « l'absence de sanctions » car une trop grande impunité existe. Enfin, selon Alima Boumediene-Thiery, il faut « avoir confiance en l'action citoyenne ».

 

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Alima Boumediene-Thiery

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