Partager l'article ! Quels partenaires pour quel projet ? Partie II: Grande plénière du vendredi 20 août, 18h-21h. En présence de : ...
La politique, le politique, les politiques : ce qu'elle est, ceux qui la font et ce qu'elle fait...
Grande plénière du vendredi 20 août, 18h-21h.
En présence de :
Corinne Lepage, présidente de CAP21 ;
Patrice Bessac, porte-parole du PCF ;
Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts ;
Daniel Cohn-Bendit, eurodéputé ;
Pierre Moscovici, secrétaire national du PS chargé de la convention nationale sur le nouveau modèle de développement ;
Corinne Morel d'Arleux, secrétaire nationale du Parti de Gauche au combat écologique.
Cécile Duflot ouvre la seconde partie des débats. Il est clair pour elle que Europe Écologie et le Parti Socialiste ont des projets différents. C'est pourquoi il n'y a pas de « perspective de projet commun pour 2012 ». Ce qu'il faut alors viser c'est un « contrat sur réalisation » des enjeux respectifs, ce qui ne pourra pas se faire sans « dire la vérité des désaccords et des points positifs ». L'un des axes de travail important des mois et des années à venir est celui de la « croissance et du développement économique ». Il y a le besoin d'une prise en compte des spécificités du monde. Cela s'accompagne de fait d'une lutte contre la « productivité inutile » et la mécanisation outrancière à laquelle nous sommes exposés. Le contact humain doit être préserver ce qui revient à respecter les paysans.
Patrice Bessac enchaîne en estimant que le « mariage du vert et du rouge est une relation passionnée ». Cette phrase a considérablement fait exploser de rire la salle. Néanmoins il continue son intervention en clamant haut et fort qu'il faut prendre part au « chantier d'une gauche victorieuse demain » et également de réassumer une politique portée vers la culture.
Pour Pierre Moscivici un aspect essentiels pour un partenariat efficace et durable c'est de faire preuve de « sincérité ». Selon lui, le PS a pris conscience des enjeux et des maladresses de la notion de productivisme d'où l'idée d'une TVA différenciée selon les produits. L'avenir ne peut s'inscrire nulle part d'autre que dans l'Europe, une notion qu'Europe Écologie a toujours mis en avant. Les piliers de la société doivent également reposer sur les notions de liberté et de justice et enfin, la croissance de même que les industries ont une place, un rôle et une reconversion à tenir pour la société de demain.
Corinne Lepage se dit favorable à une "évolution allant vers l'entreprise", avec plus d'Europe et donner une place centrale à l'emploi. A propos du nucléaire, elle propose que l'on sache « comment on évalue les investissements public ». Pour elle il y a un besoin criant d'innovation à ce sujet, le PIB étant un "mauvais outil". De ce fait elle en propose d'autres : les politiques publiques mises en œuvre et leur répercussion, le patrimoine etc. etc.
En matière d'Europe, Daniel Cohn-Bendit est sur la même longueur d'onde et pense ouvertement que c'est l'Europe qui va permettre la fameuse transformation écologique. "Envisager la politique européenne passe par Bruxelles" où il y a – et il faut le savoir une bonne fois pour toute – une « réserve financière » de taille. La politique européenne future doit être au centre des préoccupations car c'est par elle que pourra se "concrétiser la politique sociale et écologique dont nous avons besoin".
Pierre Moscovici par rapport au nucléaire s'est voulu bref : il faut un calcul de la « rentabilité » de cette forme d'énergie et en donner le « délai » suffisant. Il a ensuite enchaîner sur le thème de la sécurité, cette dernière la souhaitant « libre et juste ». Pour lui il est indispensable de renforcer les libertés publiques. Il estime également que Nicolas Sarkozy « ne respecte pas les principes républicains ». Ainsi, la campagne en faveur des libertés publiques doit commencer dès cet été et ne pas attendre 2012. Mais l'ancien ministre met en garde à propos du piège de la rentrée qu'il faut éviter sur le thème du social. « Il ne faut pas toujours accepter le débat de l'adversaire ». Il promeut enfin le respect des forces de l'ordre – qui semble évident ! - et de leur budget. Il y a alors une « proximité à retrouver » en liant cela au respect des libertés.
Pour Daniel Cohn-Bendit, il est fondamental de recouvrer la liberté de la presse. Le problème étant entre autre que la "publicité oblige la consommation". Mais de suite l'eurodéputé met en garde vis-à-vis d'une condescendance possible de la part de certain qu'il faut éviter absolument car « on n'est pas mieux que les autres ». Ensuite, selon lui, le discours qui vante l'augmentation des salaires pour rebooster la consommation est négatif. Il faudrait un changement structurel car « ce n'est pas au gouvernement de dire ce qui est bien et ce qui est mal ». Les politiques publiques doivent en amont donner la possibilité aux citoyens de trouver le chemin de leur émancipation. Concernant le nucléaire, Daniel Conh-Bendit défend l'idée que ce n'est pas la faute de l'Europe si nous n'en sortons pas mais que cela est « dans nos têtes ». Il s'explique : en Allemagne il y a eut il y a trente ans une alliance totale des Verts aux néo-libéraux et à la sociale-démocratie. L'énergie du pays a donc pu petit à petit trouver une voie pour son renouvellement. Pour lui « l'énergie nucléaire n'a pas d'avenir » et en sortir nécessitera bien évidemment le besoin d'un financement.
Corinne Morel d'Arleux en matière de sécurité estime qu'il y a un problème de moyen et que nous devons nous poser la question de l'efficacité des politiques menées. Actuellement il y a un « double langage » de la part du pouvoir à travers des « textes hypersécuritaires » et la baisse du budget de la police. Pour le Front de Gauche, il y a une vision large de la question de la sécurité humaine et du droit d'intégrité qui renvoie à la santé, au social etc. etc.
Daniel Cohn-Bendit enchaîne sur le sujet de la sécurité et met en garde : « ne tombons pas dans l'angélisme ! » Néanmoins, il s'attaque aux choix de la fermeture des salles de consommation de drogues, ce qu'il considère comme étant un « crime pour la sécurité » et une « non-assistance à personne en danger » car il s'agit d'une question de « sécurité et de santé publique ». Ensuite, à propos de la sécurité dans les banlieues, il faut discuter de la façon dont on peut arriver à « dépénaliser et décriminaliser les drogues douces ». Le problème c'est donc que les « mafias et les gangs se créent quand on organise du manque », ce que va favoriser le gouvernement et les politiques mises en œuvres. Il y a le besoin d'une politique de proximité et de réseaux sociaux mais à eux seuls ils ne résoudront rien car cela reste insuffisant. DCB cite l'exemple de la politique menée par Giuliani à New-York, où des gymnases sont désormais ouverts 24h/24 pour que les jeunes aillent faire du sport au lieu de rester inactifs et souvent dans la rue. Il fait ensuite référence à Philippe Meirieu qui la veille lui expliquait que les écoles publiques étaient fermées un jour sur deux. Ainsi, il faut « donner des loisirs, des lieux d'occupations »... et donc pourquoi pas réquisitionner ces écoles qui demeurent inutiles la moitié de leur temps ?
Pour Corinne Lepage il faut revenir aux causes du sentiment de l'insécurité. Pour elle c'est un ensemble interdépendant (budget, éducation, culture etc.). L'insécurité est également d'ordre économique et à tous les niveaux que cela puisse être ; le jeu du Front National est fait par l'intermédiaire de Nicolas Sarkozy avec ses politiques migratoires qui font l'amalgame avec l'insécurité. Il y a donc un grave « danger » à propos de la « rupture » avec les valeurs républicaines.
Cécile Duflot prône la convergence et la « nécessité d'une nouvelle réponse » en matière de sécurité sans tomber dans l'angélisme, elle le répète. L'idée serait une « politique de prévention avec des acteurs sur le terrain ». Aujourd'hui la répression fait trop figure de « sanction » à l'aide d'une « justice immédiate ». Le message écologiste doit contenir la « culture de la non-violence ». Les réponses militaires et sécuritaires physique ne peuvent pas fonctionner sur le long terme (exemple de l'Afghanistan). Il doit y avoir une chaîne logique : « prévention – dissuasion – sanction - réinsertion ».
Enfin, DCB évoque le problème de l'immigration (qui ne devrait plus en être un). Pour lui, « l'Europe en a besoin » de l'immigration. Les solutions sont à trouver par l'Europe car cet espace européen est un « espace de vie » et pas seulement économique. Face à ce besoin d'immigration, des réponses sont à trouver notamment lors de l'entrée dans l'Europe et la préparation à l'intégration qui doit donner envie de s'identifier au pays et d'y être accepter. Le souci majeur est souvent celui de la part de l'immigré de ne pas se sentir chez soi et donc de ne pas être responsable de la paix au sein de la société et de ne pas se sentir reconnu.
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Commentaires