Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 12:23

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Beaucoup disent après la mort de l'ancien vainqueur du Tour de France (1983 et 1984) et du Giro (1989), que son cancer l'a emporté et que de ce fait son combat a été perdu. Cela est faux. La mort est l'achèvement de la vie. Il en est arrivée au bout avec classe et dignité. Il a réussi son pari de faire vibrer le Tour de France en tant que commentateur sur France Télévision depuis 2006 aux côtés de Thierry Adam, Jean-Paul Olivier et Laurent Jalabert.

Il a su apporter de la fraicheur et de la sincérité dans le monde du cyclisme par ses commentaires éclairés, toujours justes et passionnés. Bien sûr, il y a eu le lien de fait entre son dopage avec des "doses ridicules" et son cancer, mais rien n'a été prouvé et il ne faut pas être médecin pour savoir que ce n'est pas cela qui a pu entraîner cette maladie. La favoriser et la rendre plus précoce et virulente ? Peut-être ! Il reconnaîtra ce dopage lors de la sortie de son autobiographie sortie en 2009. Il n'a pas cherché à se trouver des excuses mais juste à dire que malheureusement, c'est monnaie courante dans un peloton professionnel (et amateur) de cyclisme... tout cela pour la quête de résultats !

 

Mais pour revenir à Laurent Fignon, personnage entier et sensible, son décès à l'âge de 50 ans fera un vide immense tant sur un aspect sportif qu'humain. Mais de toute évidence, son combat il l'a gagné, celui de promouvoir la vie, de rassurer les autres, de partir dans la dignité et finalement de transmettre un véritable message d'amour et de fraternité.

Longue vie à ta mémoire Laurent !

 

Voilà deux vidéos qui retracent le parcours de Laurent Fignon dans le cyclisme - Reportage France 2 "Légende du Tour" :

 

 

Par Diplomate0669 - Publié dans : Billet de la semaine
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Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 08:00

 

En présence de :

 

  • Ghislaine Hierso, représentante de l'association Orée – Répercussion écologique sur les industries ;

  • Emmanuel Delannoy, représentant d'Inspire – Répercussion écologique sur l'économie ;

  • Sandrine Bélier, eurodéputée ;

  • François Letourneux, président de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature en France)

  • Pascale Rossler, vice-présidente de la région Centre.

 

Abscence de Anny Poursinoff, Grégoire Lejonc pour Greenpeace et Yann Arthus-Bertrand.

 

 

 

 

Sandrine Bélier ouvre ce forum en évoquant le sommet de Nagoya qui se tiendra en octobre prochain. Il s'agit du sommet mondial de la biodiversité. Une étude menée par un économiste britannique depuis trois ans sera dévoilée. Elle porte sur "l'évaluation économique des services rendus par la nature et le coût de l'inaction". En prévision de ce sommet, il y a la possibilité d'emblée de mettre en place deux stratégies. La première dénonce que d'ici 2050, il y aura un "manque immense des ressources piscicoles". La seconde met en avant la "nécessité d'un accès et d'un partage aux avantages des ressources énergétiques". Tout cela s'inscrit dans les enjeux du rapport direct entre les Nords et les Suds. Enfin, ce sommet verra cinq points de négociations majeurs.

  • Intégrer la biodiversité à tous les niveaux de gouvernement et à toutes les échelles de la société de même que les entreprises ;

  • Trouver les moyens et les outils de réduire les « pressions directes » (pollution, urbanisation, espaces invasives) ;

  • Sauvegarder les espaces et ainsi fixer à l'échelle mondiale un procédé de « terre protégée » ;

  • Mettre en place un aménagement des avantages liés à la biodiversité et aux écosystèmes procurant ainsi un partage de ces avantages de même qu'une évaluation des services redus par la nature.

  • Renforcer les mises en oeuvres politiques de la biodiversité à travers les politiques de financement. Par exemple il pourrait avoir la proposition faisant qu'une partie du PIB de chaque État participe à ce financement de la biodiversité de même qu'au développement de connaissance.

Sandrine Bélier, eurodéputée, rappelle enfin qu'elle est chargée de la coordination de la campagne de la biodiversité des Verts européens et souligne la « position ambitieuse » de la politique défendue au sein du Parlement. A l'heure actuel l'espoir est grand, et l'intégration de la biodiversité dans les politiques de l'UE passent également par les politiques sectorielles. Pour acter de la préservation de la biodiversité, la « stratégie 20 20 » a été mise en place. Il s'agit d'un processus économique à moyen terme. Enfin, Sandrine Bélier a souhaité redire combien il était capital de concevoir ces enjeux de façon transversale, en traitant la biodiversité à la fois à travers ses aspects économiques aussi bien que sociaux. Il est primordial de « valoriser le capital et le patrimoine naturel sans pour autant monétariser la nature ».

 

Le relai est pris par Emmanuel Delannoy qui regrette qu'il n'y ait pas d'études sur la biodiversité à propos de l'emploi. Selon lui, le potentiel de la biodiversité est tel, que cela permettrait « la transformation des emplois qui existent et leur rapport à l'économie». Néanmoins, en 2009 un groupe de travail a créé un comité de la filière de l'environnement. Le but étant de recenser les individus travaillant dans la biodiversité. Il s'avère que cela représente seulement 2% du total des emplois de l'environnement. Pourtant il y a un fort potentiel de croissance et l'objectif est dans un premier temps de doubler ce pourcentage, soit 20 000 emplois supplémentaires. Par simple comparaison, Emmanuel Delannoy a rappelé que les collectivité territoriales employaient à elles seules 80 000 personnes pour les « espaces verts ». Néanmoins, malgré ce faible pourcentage, il estime que les « emplois induits de la biodiversité représentent la quasi totalité des emplois car les biens et les services dépendent de l'écosystème ». Il y a un « génie écologique » où apparaît l'aménagement des espaces pour les vivants (et non pour la beauté seule). A travers ce fort potentiel d'intégration, sur dix ans, cela pourrait représenter 10 000 emplois.

Dans le secteur industriel il faut souligner le nombre de métiers qui émergent. Ainsi, le lien doit être fait entre les entreprises et les écologues et biologistes. « La biodiversité ce n'est pas seulement un parc ; c'est penser le rapport Homme / Nature ». Il y a deux approches à cela. La première est "défensive" et s'établit sur les « acquis » que nous avons déjà à propos de la nature et de notre milieu. La seconde est quant à elle « offensive » et se développe par la « création de nouveaux métiers ». Bien évidemment, une question fondamentale se pose : « qui va investir ? ». L'idée serait de rendre solvable cette demande de bien et de services par une refonte de la fiscalité actuelle. En effet, on parle souvent de la fiscalité du capital mais peu sur celle des ressources.

De toute manière il est indispensable de trouver un autre argument que celui qui est monétaire. Cela relève du « devoir moral que de préserver les écosystèmes pour ce qu'ils sont et non pas simplement pour ce qu'ils peuvent nous apporter ». Enfin, nous sommes dans une époque « post-néolithique » (expression de F.Letourneux) car il faut trouver un moyen de renouveler les relations entre les Hommes et la Nature. Actuellement notre comportement n'est que pure « illusion de la maîtrise de la Nature par l'Homme ».

 

 

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François Letourneux cite dans un premier temps Robert Barbot : la nature c'est « le tissu vivant de la planète ». Le pillage aujourd'hui encore effectué envers les Sud est une atteinte complètement invisible à la terre et à la mer. L'enjeu est simple : une « biodiversité ordinaire ». Actuellement une faune indigène en France gagne du terrain. Selon Birdlife, il y a une baisse de près de 40% par rapport aux espèces d'oiseaux non menacés en 20 ans. La première chose à mettre en place c'est un système de « connaissance » car nous avons trop basé notre développement sur l'exceptionnel. Il n'y a pas photo : il y a près de un million deux cents mille espèces nommées alors que l'on sait qu'il y en a jusqu'à trente millions ! Ensuite tout passe bien évidemment par la « préservation de la nature » car les espèces protégées ont changé de rôle et de fonction. Il en faut une gestion dynamique sans tomber dans le créationnisme et dans le fixisme. Nous, humains, nous serons prochainement 9 milliards ce qui fera que nous serons l'espèce la plus abondante !

François Letourneux revient sur le concept intellectuel du « néolithique » basé sur la simplification. Il s'agit d'un choix arbitraire de sélection envers les espèces domestiques. De plus, l'intensification agricole est une des premières causes de la perte de la biodiversité. Le progrès tel qu'on le conçoit est terminé et il faut changer l'évolution de ce progrès.

Enfin, pourquoi ne pas considérer une voie ferrée comme un corridor écologique ? Serait-ce un surcoût ? Probablement pas... et même s'il y en a un, la biodiversité c'est tout de même là pour mieux manger, mieux vivre et pour avoir de meilleurs paysages.

 

Sandrine Bélier reprend la parole pour rappeler le rapport de Pavan Sukhdev qui stipule notamment que le l'on pourrait économiser des pertes de 50 milliards d'euro par an à l'échelle européenne. Il est important de savoir qu'à  « chaque euro investi peut aller jusqu'à un retour sur investissement à 100€ ».

 

C'est au tour de Ghislaine Hierso qui souhaite lier davantage le climat et la biodiversité. Pour elle, « 90% des réglementations sont faites par l'Europe » et elle souligne une « réduction des différents impacts environnementaux ». « Il n'y a pas que la baisse du CO² » qui doit être prise en compte dans les politiques environnementales mais il faut aussi parler de l'eau et des autres énergies dont l'humain a besoin. Enfin, elle fait mention que les entreprises sont dépendantes de 30 à 90% de la biodiversité et elle lance l'idée d'avoir une « comptabilisation des flux de la biodiversité ».

 

Pour clôturer cet atelier Pascale Rossler qui est vice présidente de la région Centre à la biodiversité, l'éducation à l'environnement et le tourisme est revenue sur le fait qu'au début du siècle on avait affaire à une destruction de notre milieu alors qu'aujourd'hui on est dans une phase de reconstruction. Également, il est capital de « sortir d'une approche sectorielle » et « optimiser les fonds publics pour faire levier ». Selon Pascale Rossler, 40% de l'économie repose sur les services rendus par la nature. Mais le problème est lié au fait que l'économie ne se fait qu'en fonction de critères de rentabilité. Pourtant, l'environnement est une variable d'ajustement envers le social. Ce qui est indispensable de faire c'est une « sensibilisation » accrue à ce sujet, surtout lorsque l'on sait que « 80% de la biodiversité se trouve dans les sols ».

 

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« L'être humain fait partie de cette biodiversité » - Sandrine Bélier.

 

 

Par Diplomate0669 - Publié dans : Journées d'Eté d'Europe Ecologie
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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 08:00

 

En présence de :

 

  • Alain Joxe, sociologue et directeur d'étude EHESS ;

  • Niels Andersson, ATTAC – Auteur de « Un autre ONU pour un autre monde » ;

  • Alima Moumediene-Thiery, sénatrice ;

  • Patrick Farbiaz ; rédacteur en chef de la revue d'écopolitique internationale « PachaMama »

  • Gérard Onesta, ex vice-président du Parlement européen ;

  • William Bourdon, avocat.

 

Animateur de ce forum, Patrick Farbiaz fait un constat d'entrée : nous le savons, les États nations dans leur forme et dans leur fonctionnement actuel ne peuvent pas résoudre à eux seuls les problèmes auxquels le monde entier est confronté. De plus, s'ajoute gravement la « crise énergétique et climatique ». De façon peut-être légèrement provocatrice, il est possible de se demander et de réfléchir s'il existe une « politique interne mondiale »...

 

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Patrick Farbiaz

 

Le premier à exposer sur ce sujet est Alain Joxe. Il commence tout d'abord par dresser un constat « stratégique ». La crise économique que nous subissons tend à devenir une « crise financière ». Ce sont la transnationalisation et la globalisation qui ont favorisé une société basée sur la spéculation dont les catastrophes naturelles sont en partie significatives. Il coupe court à la tentation de penser que les économies feront un repli vers un fascisme nationaliste tout simplement parce que la mondialisation ne le permet plus – je rajouterais, à long terme – Le souci majeur est donc d' « éviter la guerre, de repérer tous les symptômes visibles, et invisibles, pour la prévenir » et de ce fait s'en préserver. Sa théorie se base avant tout sur une analyse de la puissance américaine, par qui tout passe irrémédiablement. Mais nous sommes en droit de nous poser la question à savoir pourquoi est-ce qu'il existe un « leadership américain » alors que sa notoriété montre pourtant son « incapacité de victoire lors d'une guerre » (Afghanistan, Irak). Il est évident que la dominance américaine est désormais fragilisée. Il faut remonter à la création de l'ONU pour se rappeler que cette institution a transformé les relations internationales à l'époque en un système bipolaire : les États-Unis d'un côté, l'URSS de l'autre. Aujourd'hui encore, il perdure un « lobby militaire » de même qu'une « connivence avec l'industrie de l'armement ». En parallèle, l'OTAN a fait en sorte de fonder un « système sécuritaire global ». En connaissance de ces deux points, revenons sur la puissance américaine qui suit une logique qualifiée de « réaliste » dans les théories de relations internationales du fait que les États-Unis part en guerre dans l'optique de l'empêcher... C'est une politique qui consiste finalement à préserver la supériorité d'un État vis-à-vis d'autres. Néanmoins, il faut savoir que l'ONU dans sa réglementation interdit ce principe de « guerre d'agression ». En ce qui concerne l'Europe, elle se voit privée d'une politique de défense car elle la délègue et la confie à l'OTAN. A la surface du globe, la construction d'armement est faite dans l'optique d'une « guerre possible »... simple mesure de précaution ! En l'état actuel des choses c'est l'ivresse de la modernité par le biais de l'électronique qui fait foi. De plus, l'Europe se voit « interdite de politique sociale » car sa vocation doit être celle de mener seulement une politique économique et financière. La seule évidence qu'a permis l'Europe (en tant qu'institution, et non territoire géographique) c'est la paix entre ses membres. Alain Joxe fini son intervention avec l'idée de doter l'Union Européenne d'un « Conseil de Sécurité Autonome ».

 

La parole est passée à William Bourdon qui pose la question immédiatement de savoir qu'elle est la place de la « société civile internationale ». Son argumentation est bâtie sur la dénonciation du paradoxe actuel : pour la répression des crimes internationaux (génocides, crime contre l'humanité etc. etc.) le jugement est donné par une Cour pénale internationale ce qui fait que les États délèguent une partie de leur souveraineté à la Cour. Pourtant, cette publicisation de la justice doit faire front à une privatisation du monde. Depuis quelques temps, on peut voir que la société civile internationale a gagné en technicité, en professionnalisme et en universalisme. Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) ont une forme de reconnaissance d'expertise, ce que l'on peut retrouver dans les textes du Conseil de l'Europe de 2003 qui leur confère un statut « participatif » renforçant celui qui était jusqu'alors « consultatif ». Ce qui est non négligeable quand on sait que près de 20 000 ONG gravitent autour de la nébuleuse européenne de Bruxelles. Pour permettre une plus grande cohérence mondiale et une meilleure transparence, il est nécessaire de procéder à un véritable « partage d'information » afin d'institutionnaliser la capacité critique de la société internationale ouvrant droit de fait à un « partage de décision ». Enfin, pour permettre un meilleur développement et une meilleure action dans un premier temps européenne puis mondiale, il est primordial de rendre plus « légitime les institutions financières » (dans leur mode de mise en place, de procédure et de fonctionnement).

 

Pour Niels Andersson, il s'agit de « mettre l'ONU au centre des relations internationales ». Pour lui, la mondialisation possède ses logiques propres et c'est pour cela qu'il faut s'interroger sur les instruments démocratiques à faire intervenir. Le problème originel des relations internationales c'est qu'il s'agit d'un « système sans tête mais avec des maîtres ». Les relations internationales sont de plus en plus inégales et la fin de l'ONU est liée à cette augmentation croissante de ces inégalités. La première solution est à la fois de « s'opposer aux réalistes » – revendiquant la loi du plus fort – et aux « directoires » – ceux qui s'apparentent davantage à un modèle oligarchique. La légitimité de l'ONU remonte à la fin de la Seconde Guerre mondiale d'où la nécessité d'une refonte du système des relations internationales et de l'ONU. Le but étant de modifier le rapport de force au sein des relations internationales. Enfin, pour Niels Andersson, la démocratie mondiale doit s'exprimer par la vitalité et la conscience de la société civile.

 

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En ce qui concerne Gérard Onesta, c'est toute la « hiérarchie des normes qui est à revoir ». Ses mesures concrètes reposent sur l'idée d'une « parlementarisation de l'ONU » et d'une demande de « pluralité des média libres » doublée d'une plus forte intégration de la société civile notamment en matière budgétaire. Cela revient à ce que l'ONU soit plus en relation avec les peuples. Le problème majeur de l'ONU est son mécanisme faisant appel à de « grands féodaux », problème que ses pères fondateurs avaient sentis d'où l'idée de pondérer les voix au Conseil (exemple : France, 15 et Luxembourg, 2) et de procéder à une représentation parlementaire sur la base de groupes politiques non nationaux. Aujourd'hui, l'Union Européenne a fait beaucoup de chemin puisque il existe la « co-décision » au Parlement, ce qui signifie que cette institution n'a plus seulement un statut consultatif, la décision est possible conjointement sur 70 thèmes des 73 possibles. De plus, pour faire un groupe au Parlement il y a l'obligation qu'il soit transnational. L'idée serait donc de « clôner » ce mécanisme européen au niveau mondial dont la finalité serait la « baisse du choc des égoïsmes nationaux de même que la perte des trop nombreux diplomates » (personnalités non-élues).

 

Pour clôturer ce débat, Alima Boumediene-Thiery s'est dit « beaucoup plus terre-terre que Gérard Onesta et sortir d'une logique utopique ». Elle dénonce un manque de cohérence entre les différentes politiques nationales, régionales et locales. Il y a pour elle un besoin pressant de réformer les institutions. Au niveau européen, le « Conseil de l'Europe détient trop de pouvoir ». Et si l'on veut savoir pourquoi il existe ce trop grand décalage, il faut chercher sa cause du côté de « l'absence de sanctions » car une trop grande impunité existe. Enfin, selon Alima Boumediene-Thiery, il faut « avoir confiance en l'action citoyenne ».

 

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Alima Boumediene-Thiery

Par Diplomate0669 - Publié dans : Journées d'Eté d'Europe Ecologie
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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /Sep /2010 07:30

 

En présence de :

 

  • Francine Bavay ;

  • Jean Desessard, sénateur ;

  • Patrick Viveret, philosophe chercheur.

 

La question cruciale est celle de savoir comment est-ce que l'on peut approfondir le processus démocratique, toute échelle confondue. Il faut que nous soyons plus nombreux à participer à ce processus, ce qui s'accompagne irrémédiablement d'une plus grande transparence. Aujourd'hui il est manifeste de voir qu'il existe de vives tensions entre les représentants et les représentés...

 

Les – presque – deux heures de débat ont été alimenté par l'unique Patrick Viveret, extrêmement pertinent et avisé sur le sujet, en apportant de nouvelles orientations et argumentant ses propos de façon magistrale (avis personnel).

 

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Il est important dans un premier temps de lier la question des « enjeux à la fois historiques et démocratiques ». Nos divers outils politiques doivent tendre au pluralisme. Cela passe par l'invention de nouvelles formes démocratiques, revenant à faire une mutation de ce que nous connaissons déjà. La solution n'est pas comme on pourrait le croire la simple extension quantitative de la démocratie ; non, il doit avoir une « extension qualitative de la démocratie ». Cette attitude implique de fait un changement de posture par rapport au pouvoir. Ce dernier doit être de « création » doublé de coopération.

La nécessité de changer la donne se voit à travers les défis - colossaux - que l'humanité est dans l'urgence de relever. La crise d'ordre « systémique » est liée à un phénomène de démesure généralisée du rapport au pouvoir. Patrick Viveret cite Karl Polanyi qui parle de « société de marché », par opposition à l'économie de marché. Il faut faire très attention car il est souvent coutume de se référer à la crise des années 1930 pour évoquer celle qui nous touche aujourd'hui car il s'agit d'une crise du capitalisme, de « l'ultra-capitalisme ». En faire le constat c'est bien, mais se prémunir des conséquences désastreuses qui peuvent en résulter c'est mieux. En effet, la réponse qui a été apporté dans les années 1930 à été celle d'un « retour à la politique de démesure du pouvoir à travers une attitude guerrière et la mise en place du totalitarisme ». Pour maintenant et demain nous devons œuvrer à mettre en place une politique « qui régule, qui coopère, qui aménage, qui relocalise à travers le développement local » – ce qui n'est pas l'appel à vivre en autarcie !! -

L'autre question à se poser est de savoir si nous avons besoin de dialogue ou de chocs de civilisations ? Ne perdons pas de vue qu'un cycle de l'Histoire prend fin, c'est la fin de la période de la « modernité du monde occidental », ce que Max Weber nomma le « passage de l'économie de salut, au salut de l'économie ». Une fin de cycle comprend toujours une augmentation de ses traits caricaturaux, à l'image entre autre du phénomène de colonisation.

Désormais, force est de constater que le salut de l'économie n'a pas tenu ses promesses car il n'y a aucune concordance entre l'économie, le social, la culture, l'écologie etc. etc. Nous avons assistés à un éclatement des différentes formes de progrès au lieu d'une collaboration entre elles. De plus, l'humanité est à un stade final, un stade de destruction d'elle même, certainement parce qu'elle est « fatiguée ». Elle a besoin d'un désir, de « poursuivre un rôle, une mission ». Nous sommes donc tous concernés par le défi de la poursuite de notre propre histoire, de l'histoire de l'humanité. La question à se poser est la suivante : « comment sortir par le haut ? ». Haut faisant opposition au « bas » qui concerne la guerre de civilisation aboutissant à toutes les formes « d'intégrismes et de fanatismes »... La solution que nous propose Patrick Viveret est d'effectuer un « tri sélectif de la modernité occidentale » et de procéder à « la même démarche avec les sociétés de traditions ». Son hypothèse est la suivante : tirer les aspects bonificateurs et négatifs de chacune des deux options. Le résultat pourrait être de préserver pour la modernité occidentale le « désir d'émancipation » et pour les sociétés de traditions le « triple rapport fort à la nature, au lien social et au sens ». A rebours, il faudrait éliminer la « chosification » et la « logique de dépendance ».

Pour Patrick Viveret, cette hypothèse concerne on ne peut mieux l'écologie politique et le mouvement féministe car c'est un thème qui est au cœur de leur dialogue et en représente une alternative de poids. L'intersection de l'écologie politique réside en l'insistance sur « le rapport d'interdépendance de l'être humain envers la nature ». La politique doit alors se mouvoir dans une critique de l'ultra-capitalisme, de la société consumériste à outrance etc. etc. A propos du mouvement féministe on retrouve également cette logique émancipatrice et la compréhension d'une « chosification mortifère » qui oblige à un besoin de traditions. La finalité de cet ensemble est un « universel co-construit par les différentes cultures » à condition que cela passe par un dialogue ouvert et exigeant mettant au cœur des préoccupations les droits fondamentaux.

La deuxième hypothèse renvoie à l'idée d'une « individuation » (ce qui ne veux pas dire individualisation) avec une forte liberté de conscience et un choix de projet de vie soutenant alors l'exigence émancipatrice. Ce nouvel enjeu de la démocratie est basé à terme sur la construction d'un « pouvoir planétaire » étant fondamentalement décisif. La « gouvernance mondiale est en route » mais pour cela nous avons « besoin de porteurs de démocratie » qui ne sont rien d'autre que les citoyens. Ainsi, on voit bien qu'il ne suffit pas d'étendre quantitativement la démocratie mais que cela doit passer nécessairement par son extension qualitative créant ainsi le « passage de la formation d'opinion à celle d'un jugement ». Aujourd'hui nous sommes dans une société que William Reich a diagnostiqué atteinte de « peste émotionnelle ».

 

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La question clé est donc celle du rapport au pouvoir. Il y a un fort risque dans les années qui viennent à son instrumentation, à sa dérive populiste etc. etc. Les acteurs doivent donc changer leur rapport au pouvoir. Cela se faisant par une « mutation transformatrice » que l'on a tellement connu par le passé, par le – trop – fameux, et galvaudé, adage : « faire de la politique autrement ». La solution reste néanmoins de construire des partis politiques étant en lien avec la société. Ce n'est donc pas la question de la transformation du pouvoir mais bien la subtilité de celle de son rapport au préalable. Pour cela il y a en premier lieu le « besoin de la reconnaissance d'altérité ». Pour Patrick Viveret, nous serions à un stade qu'il qualifie de « porneia » et la question est de savoir comment on peut en sortir. Il évoque même le terme de « pornocratie ». J'explique son terme : c'est que pour lui nous sommes à un stade encore non-développé, au premier stade de l'être, forme d'enfance humaine tant par nos comportements que par nos réflexions... Il cite ensuite Albert Jacquard qui reprend cette idée dont on pourrait en définir le concept comme il suit : « nous sommes des prématurés ». De même, Edgar Morin a estimé qu'il fallait passer du « logiciel égo-compétitif au logiciel alter-compétitif ». Actuellement nous sommes trop dans une logique de pouvoir à conquérir alors qu'il serait préférable de tendre vers celle du « pouvoir à créer », ce qui ferait appel à « l'imagination, à la créativité et la vigilance »... En effet, le pouvoir de conquête se caractérise quant à lui par son énergie tirée d'autrui provoquant alors un cycle « excitation / dépression ». Pour le rapport au pouvoir nouveau, il ne faudrait pas hésiter à se « servir » de Spinoza pour lui emprunter sa « joie de vivre » permettant de faire le lien entre « intensité et sérénité ». De ce fait, les ressources dont nous disposons doivent être mises au profit de l'intensité de vie et pas à la conquête.

C'est donc à une « coopérative politique » avec des conditions notamment en matière de précaution qui permet l'aboutissement de la joie de vivre. En France la question de « l'alchimie positive » aura été posée à toutes les forces transformatrices. C'est Jean Jaurès qui repris le mieux l'idée en comprenant la nécessité d'un pouvoir créateur démultiplié par la coopération. Mais la question fondamentale reste toujours celle de savoir comment prendre le meilleur de chacune des traditions tout en évitant le pire... Dans cette optique, Patrick Viveret évoque le phénomène du tirage au sort qui implique concrètement une période de formation afin d'appliquer le(s) service(s) conditionné(s). Il est également nécessaire de parler de la question du « profil des postes » et de leur sélection. Cela pourrait se baser sur le principe dit de « sociocratie » où l'élection, ou plutôt la « nomination », s'effectuerait à travers la définition d'une « intention » et non pas à travers une personne. Pour mieux rendre compte de cette idée on peut prendre l'image d'un cercle auquel se rattache des rayons, le rayonnement alors produit permet de fabriquer une roue... En définitive, ce serait la mise en place d'élections sans candidats nécessitant « l'unanimité conssentie ». [Pour toute cette question de la sociocratie, c'est une intervention venant de la salle qui a fait part de son expérience concrète sur le sujet].

En parallèle, et pour revenir sur l'existence de la différence, cette dernière doit se « mouvoir dans une structure favorisant la logique de construction de désaccord ». Mais Patrick Viveret est très lucide sur la question et met en garde contre le danger d'avoir affaire à une communauté fermée faisant émerger une « immaturité émotionnelle ». Le consensus fait appel au « sens commun » et cela est basé sur l'acceptation du dissensus ce qui oblige à toujours voir la qualité du ou des désaccord(s) de sortie, qui doit bien évidemment être meilleure que celle d'entrée. A terme, l'idée serait donc de posséder une « triple alliance politique » ou seraient présents la société civile devenant « civique », les acteurs politiques et les média (sortant de leur logique de « com' »). De plus, il fait la critique de ce que fut longtemps l'écologie politique atteinte de « schizophrénie » et pensant que la réinvention du processus politique et démocratique se faisait en tant que l'écologie était le concept réinventant la base sociale politique... Les écologistes ne doivent en rien se considérer comme supérieurs aux autres ou comme étant les plus « intelligents politiquement » (au niveau de la mise en place des structures...)

 

Enfin, Patrick Viveret conclu – pour moi de façon très pertinente – sur le fait que « le mouvement coopératif, mutualiste et associatif n'est pas seulement économique », que le champ politique n'est pas supérieur aux autres champs, notamment sociétal, et que la démocratie locale est à tendre aux autres échelles territoriales.

Par Diplomate0669 - Publié dans : Journées d'Eté d'Europe Ecologie
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Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /Août /2010 23:41

 

En présence de :

 

  • Jean-Marc Pasquet, conseiller régional Ile-de-France, spécialisé dans le secteur économique et financier ;

  • François de Rugy, député ;

  • Jean-Marc Brulé, Collège exécutif des Verts, en charge des élections et des institutions ;

  • Olivier Keller, conseiller général Europe Écologie de l'Isère.

 

A noter, l'absence inexpliquée de Jean-Vincent Placé, secrétaire national adjoint des Verts, en charge des relations extérieures.

 

Pour François de Rugy, la distinction doit être clairement faite entre les positions du Parti Socialiste et d'Europe Écologie (EE) sur cette question. Les premiers s'opposent à la réforme que le gouvernement souhaite imposé mais ne font que la « défense du statu quo », tandis que EE souhaite une « réforme profonde de l'architecture des collectivités territoriales ». Pour lui deux points sont à mettre en évidence : tout d'abord, le système actuel est non satisfaisant et n'est pas démocratique. Le problème vient de son manque de visibilité de la part du citoyen à cause de l'empilement de niveaux différents. Ensuite, il faut renforcer l'échelon régional et faire disparaître le Conseil Général, l'institution politique représentative du département, afin de ne préserver que sa structure administrative. De plus, le couple de l'inter-communalité et de la commune n'est pas lié au suffrage universel. L'idée serait donc de créer une « solidarité territoriale » en faisant de l'intercommunalité une « caisse commune ». Pour François de Rugy, la réforme promise par rapport aux conseillers territoriaux est mauvaise car il s'avère que ces derniers seront des conseillers généraux renommés dont le nombre variera de façon insuffisante. Cette situation risque de créer un « déséquilibre politique ». Il termine son intervention en rappelant que pour le moment le projet de loi a été étudié par le Sénat puis à l'Assemblée Nationale (AN) et à nouveau par le Sénat... et probablement bientôt à nouveau devant l'AN.

 

Jean-Marc Brulé était l'animateur de cet atelier et a donc essentiellement animé les débats, mais a pris parfois la parole notamment pour évoquer la proposition d'un « scrutin hybride » qui comprendrait à la fois de la « territorialité et de la proportionnelle compensatoire ». Ce qui veut dire que lors du vote, chacun de ces domaines recevraient 50% des voix.

 

Pour Jean-Marc Pasquet, l'important est de se concentrer sur 4 enjeux qui apparaissent clairement au sein de six ans de rapports. Ces enjeux sont les suivants : les dépenses, les recettes, la dette et la compétence des territoires. Il faut selon lui avoir un combat idéologique contre la « dépense publique locale ». Il rappelle que c'est donc en octobre 2008 qu'il y a eu la proposition de simplification de l'échelon territorial par ce que l'on pourrait appeler une « fusion-absorption » du département avec la région. Il y a eu quatre projets de texte, qui ont notamment été évoqué lors du conseil des ministres du 21 octobre 2009. Dans l'ordre, il s'agit du projet de réforme, de l'élection des conseillers territoriaux pour un renforcement de la démocratie locale, une loi organique sur la relation des membres des collectivités territoriales et enfin la concomitance du conseil régional et général. Un cinquième projet était prévu à propos des compétences respectives du nouvel organe créé, mais le texte est passé à la trappe en conseil des ministres grâce à un amendement. Le sujet s'avère être d'une complexité de taille car on s'aperçoit en définitive qu'il n'y a pas de remise en cause du conseil général et régional. Le problème supplémentaire qu'il faut relever c'est qu'aujourd'hui la région n'est plus le moteur fiscal qu'elle pouvait être auparavant - il y a eu ainsi la perte de l'autonomie fiscale – puisque la taxe professionnelle et le foncier bâti ont disparu. Enfin, Jean-Marc Pasquet conclu en signalant vigoureusement le risque qui repose sur le principe de parité avec un scrutin majoritaire. De ce fait, le texte fait face à un risque constitutionnel car la réforme remet en cause de manière structurelle le concept de parité étant inscrit noir sur blanc dans la loi.

 

Olivier Keller, conseiller général Europe Écologie de l'Isère, pointe du doigt le « risque de cantonalisation » des collectivité territoriales. Pour lui, il existe un fort risque démocratique où les conseils régionaux seraient modifiés dans leur vie politique sur le calque des conseils généraux, avec en supplément l'attaque « inacceptable » envers le principe de parité. De plus, il est assez lucide dans sa réflexion et stipule qu'en l'état actuel des choses, les « écologistes ne sont pas prêts pour des élections uninominales ». Il relève ensuite le problème que constitue l'âge des élus locaux et des élus au conseil général : la moyenne est trop « vieille » ; ce qui revient à dénoncer notre assemblée nationale qui est la « plus vieille d'Europe à l'image des collectivités territoriales ». A titre d'exemple il a cité l'Isère dont la moyenne est de 63 ans au conseil général ! Face à ce problème de l'âge il y a aussi selon lui un problème lié à la diversité et au renouvellement du personnel politique lors des élections. Pour ce qui est du mandat même des conseillers généraux, il souligne le fait que beaucoup d'entre eux ont peu souvent un intérêt départemental car les préoccupations cantonales l'emportent. Le risque selon Olivier Keller qui repose sur les collectivités territoriales c'est que la réforme les mènent à élargir cette dérive de fonctionnement au niveau de la région ! Enfin, sa conclusion montre la régression de l'écologie politique et de la démocratie au sein de ces mesures et ouvre sur l'importance de faire poids lors des sénatoriales de septembre 2011, qui pour lui doit être l'occasion de trouver un « accord programmatique ».

 

Affiche JE Nantes 2010

 

 

 

Par Diplomate0669 - Publié dans : Journées d'Eté d'Europe Ecologie
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