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LA PHRASE DU MOIS.

"Le temps est proche où il faudra penser la politique autrement", Friedrich Nietzsche.



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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 14:03
Voici les notes prises à l'occasion du cours donné sur ce sujet par Mr. Jean-Louis Marie à l'Amphi Laprade à l'Université Lumière Lyon 2 (16 quai Claude Bernard, Lyon) - Désolé pour les passages peu clairs... ^^


Partie 3: Conclusion : Dynamique et paradigme en sciences sociales

 

Le but de ce cours était de dégager les mécanismes qui permettaient de rendre compte des transformation des Sciences Sociales depuis le début de son exercice. On s'est aperçu qu'il y a eu à la fois variation et dynamisme de son histoire.

 

I) les logiques internes des sciences sociales : La science qui se fait.

 

A) l’épuisement des grands paradigmes

 

D.Andler: « philosophie des sciences » Les paradigmes intimident, ils totalisent tout pour expliquer la société :

  • Marxisme, structuralisme (CLS), psychanalyse (expliquer par l’inconscient les actes manqués, les sciences dures l’explique sans avoir recours a l’inconscient => théorie irréfutable mais pas absolue), behaviorisme ou analyse du comportement.

On n'a pas mis en évidence la vérité ou l'inverse, mais la question était de savoir s'il y avait une remise en cause ou pas de ces paradigmes. Ils ne sont pas réfutables. On ne peut pas nier qu’il y a eu une relation entre transformation de la société (économique, sociale) et vision des idées (d’où des paradigmes) Transformation des idées dominantes. Présence de différents secteurs d'activités / autonomie des idées. La société a besoin de cohérence et de cohésion entre ses idées, ses théories et ses valeurs – de nombreuses valeurs se trouvent défendues (les plus dominantes et partagées) => relation forte – Parsons est toujours d'actualité. Souvent décrochage entre motivations des individus et les valeurs société.

On peut s'apercevoir qu'il existe une tactique de contournement employée par les chercheurs pour ne pas se heurter aux paradigmes. Les paradigmes tombent donc en désuétude. Ils ne font donc que redécouvrir des vérités déjà établies. Ex: théorie de la mobilisation des ressources: visitée par les marxistes et revisitées aujourd’hui

 

B) Réfutation de certaines grandes théories

 

Les sciences sociales et humaines ont connu des avancées profondes. Recul des limites de la chronologie de l'hominisation. L'espèce humaine est dotée de dispositions qui se sont constituées dans un temps très long : elles sont transculturelles et transhistoriques.

Anthropologie physique renouvelée par la génétique. La génétique a annulée le débat sur la race. Grand progrès en archéologie préhistorique.

Piège du réalisme qui consiste à confondre concept et réalité. Aujourd’hui les chercheurs sont d’accord pour dire que la réalité n’a aucune signification, il faut l’interpréter. Conscience collective : ce qui est commun à tous ceux qui vivent dans une même société : représentations, mémoires, croyances collectives.

Spécialisation des chercheurs et courses à la publication. Ouverture de la production du savoir. La démocratisation du supérieur a entraîné une modification de l’angle d’approche des problèmes. Les Sciences Sociales se sont longtemps focalisées sur les élites…

Déplacement des questionnements. Les anciens paradigmes ont été abandonnés.

 

II) Les Transformation des sciences traduisent les transformations de l’environnement

 

Les sciences ne sont pas autonomes.

 

A°) Transformation historique des producteurs de la science.

 

Explosion des effectifs étudiants et multiplication de la profession des enseignants et des chercheurs après 2e Guerre mondiale. 1911 : 40 000 étudiant / 1962 : 242 000 / 1990 : 1M451 / Maintenant : près 2M.

4 conséquences : si on démultiplie le nombre de gens qui produisent les recherches on augmente le poids des connaissance : énorme inflation travaux. Spécialisation des chercheurs plus grande : garder en vue l'étroitesse de leur spécialité. On a un rétrécissement scientifique des chercheurs en terme de périmètre de leur investigation et de leur spécialité. Renouvellement de la base sociale et culturelle des chercheurs. Pendant longtemps les universitaires se recrutaient dans les milieux bourgeois...

 

B) Approche externaliste (les attentes à l'égard des sciences sociales).

 

Pensée marxiste: Selon Lucien Goldmanm (LG) depuis la fin du 19eme, les questions étaient plus liées à l’époque. Les intellectuels étaient d’accord pour des valeurs humanistes, réalité sociale et historique. Trois grands groupes se dégagent :

- existentialistes : Heidegger, Sartre / Idée de la philosophie de l'histoire.

- chrétiens : Rickert

- continuateurs de Hegel et Marx : LG parle de crise du capitalisme car le marché a été perturbé par les trusts et monopoles. Début du 20eme est marqué par la montée du fascisme.

Nouvelle ère économique et sociale : capitalisme d'organisation, la concentration se poursuit donc après 2e GM : mécanismes de régulation suite à l'intervention étatique => politiques keynésiennes > contrôle et régulation du capitalisme. Tatchérisme dans les années 70. Diminution des crises sociales : moins guerres civile. Essor économique.

Transformation du capitalisme. A un niveau de capitalisme correspond une nouvelle sociologie philosophique et religieuse. Jusque là ce qui avait dominé c'était soit une réflexion centrée sur l'angoisse soit sur la mort. Il la perçoit comme une pensée scientiste (très proche des méthodes des sciences) → Rationalisme différent de l'histoire.

 

- le marxisme est discrédité par la transformation de la société économique. C'est l'exemple d'une perte de l’utopie des masses. Les sciences sociales sont déconnectées des philosophies de l'histoire.

- montée et approfondissement de l’individuation, retrait de l’état dans la régulation économique et social. Apparition d’un capitalisme post industriel (=> financier) avec des structures plus petites et un nouveau management (autre forme d’autorité). Pour Boltanski il y a une idéologie de l’adaptabilité, de la responsabilité, de l'autonomie…Les chercheurs font partie de la société qu’ils étudient.

- amplification de la sociologie US: se traduit par une psychosociologisation accrue des sciences sociales.

- nouvelles questions politiques et sociales: chômage de longue durée, refus de l’élection, multiculturalisme, intégration européenne, participation politique...

 

Conclusion :

 

Plusieurs caractéristiques marquantes:

 

- Rationalisation massive : division du travail, spécialisation, réduction des sites de production scientifique avec création de pôle d’excellence, coopération internationale

- Objet d’études : grands idéaux symboliques : comportements de masse. Convergence entre Sciences sociales et Cognitives. Celle si vont récupérer des domaines d’études de la sociologie. Essai de prospective.

Par Diplomate0669 - Publié dans : Fac Science Politique Lyon II
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 13:32

Voici les notes prises à l'occasion du cours donné sur ce sujet par Mr. Jean-Louis Marie à l'Amphi Laprade à l'Université Lumière Lyon 2 (16 quai Claude Bernard, Lyon) - Désolé pour les passages peu clairs... ^^


B)° Evolution méthodologique

 

La méthode originelle de l’anthropologie sociale et culturelle + physique s’est constituée au début du XXe. La caractéristique principale des anthropologues est de mener des enquêtes de terrains. Le chercheur s'installe dans la société qu'il étudie. S'y faire oublier. Demeurer longtemps en leur sein. Connaître langue/dialecte du lieu étudié pour éviter processus de traduction : immersion dans l'objet. Monographie – analyse fine – concevoir les nuances matérielles de la société : demande d'exhaustivité et d'une approche qualitative. Travail sur petits groupes humains (10) – sociétés de petite dimension et relativement isolé. Les études de cas devaient saisir tous les aspects de la société. Il faut saisir toutes les dimensions du groupe ou de la société étudiée. Les anthropologues ont longtemps eu des objets de recherche de petite dimension. Cette démarche se veut exhaustive mais également holiste = Ensemble organique (voire système). Distinction entre les sociologues et les anthropologues. Premiers = statistiques (n'existent pas dans sociétés primitives). Histoire de la perte progressive de ses spécificités méthodologiques. Extension continue de son domaine géographique. Travail sur l'exotique, ce qui est loin. Aux débuts : travail sur frontières du primitif et de l'avancée – le simple et le complexe. Anthropologues du coté du simple, du primitif et de l'archaïque. Cela est devenu poreux au fil du temps... c'était sans doute immuable. Les anthropologues se sont redéployés en utilisant des approches historisantes (archives => travail plus large). Sein de gdes sociétés, complexes. Cette idée fut beaucoup développée par Mauss avec l’idée de fait social total. Selon lui, une institution est le reflet d’une société. Dans cette vision, chaque fait social ne peut se comprendre que relié à tous les autres aspects dans lequel il se produit. Au commencement, l’anthropologie se distinguait par cette méthodologie d’immersion dans l’objet. Cette distinction s’est brouillée au sens où au fil du temps, ces deux disciplines ont de plus en plus échangées leurs méthodes.

Extension continue du domaine géographique de l’anthropologie. Au départ, on étudie de très petites sociétés qui se situent très loin des sociétés occidentales. L’anthropologie n’est plus spécifiquement orientée vers le primitif de nos jours : beaucoup de sociologues travaillent sur les sociétés contemporaines. De plus, l’anthropologie s’appuie beaucoup plus sur l’archive qu’avant. Aujourd’hui les objets des anthropologues sont inclus dans les grandes sociétés. Les anthropologues travaillent sur des petits groupes au sein des sociétés. Aujourd’hui, l’étude des sociétés est de plus en plus répandue. De plus en plus d’anthropologues étudient leur propre société. Cela suscite donc des débats au sein des anthropologues : certains pensent que pour étudier une culture, il ne faut pas en faire partie alors que d’autres en pensent le contraire. Cependant, il y toujours le risque du relativisme de la culture au sens où chaque culture devient impénétrable par ceux qui y sont extérieurs.

 

  • L’ethnologie : fin XIXe : lien étroit entre anthropologie physique et sociale/culturelle. Intérêt au caractère morphologique + organisation sociale/culture/institutions/croyances/système de représentation permet de faire la synthèse, construire une compréhension systématique de la société (système de production, de parenté, économique, politique, religieux).

  • L’anthropologie : moment le plus abstrait, conceptuel et globalisant. L’idée est de dégager les propriétés générales de la vie sociale au sein de l’espèce humaine. C’est elle qui permet de dire des choses sur la façon dont pense l’espèce humaine. On est dans un niveau transcendantal : sujet qui ne désigne pas une personne en particulier.

 

Il y a une transformation du sens de la notion de structure : chez CLS c’est un ordre symbolique inconscient pour les êtres sociaux mais qui commande les pratiques sociales. Les représentations que les acteurs peuvent avoir du monde et d’eux-mêmes sont façonnées par la culture. En même temps, la culture est l’expression de la structure. Dans sa conception, l’anthropologie doit se défaire de l’idée que son objet est l’expression de la volonté des individus. De la même façon, on congédie tout ce qui est de l’ordre du méta-social. Il faut retrouver les formes à travers lesquelles et par lesquelles l’esprit humain fonctionne sans même que le sujet en ait conscience. CLS va s’inspirer énormément de la linguistique : idée que ce qu’on appelle une langue est un système avec ses propres lois d’organisation. La langue existe indépendamment de celui qui a pris la parole. Il s’agit donc d’un système complet sans qu’intervienne de sujet. L’important c’est de comprendre le système des signes. Les intentions des agents sociaux, leur conscience ne sont pas des objets légitimes pour l’investigation anthropologique. Ce qu’il faut mettre en évidence, c’est la structure objective. Dans l’anthropologie structuraliste les représentations sont très largement des facteurs de méconnaissance. On critique le sens commun. Dans cette forme d’anthropologie il y a l’idée que nous avons une vision très partielle des choses. Selon CLS, les opinions et les attitudes que nous avons, appartiennent à l’imaginaire. Dans sa perspective, il y a un statut épistémologique inférieur. Pour CLS, seul l’accès au symbolique garanti une véritable coupure. Le structuralisme ne s’intéresse pas a ce que pensent les individus de la culture que l’on étudie mais aux catégories et structures logiques qui se trouvent sous-jacente aux opinions et représentations du sujet.

 

L’anthropologie classique monte en généralité. Il s’agit d’une démarche déductive et non pas inductive. Avec l’anthropologie structuraliste, on rejette le relativisme structurel. Ce que CLS reproche aux anthropologues c’est que leur travail est en fait essentiellement porté sur une société.

Une culture n’a de signification que si elle est mise en perspective avec d’autres cultures. Pour l’anthropologie structuraliste, les cultures humaines se construisent les unes par rapport aux autres dans un rapport d’altérité. Une culture se considère comme différente de celles qui l’entoure mais elles ne sont que l’expression de différentes modalités de l’esprit humain. Le but selon l’anthropologie n’est pas d’aligner des diversités et de montrer les variantes des cultures mais d’en expliquer les diversités. On se demande pourquoi il y a des diversités. Il s’agit d’un raisonnement hypothético-déductif. Au cœur de sa démarche, il y a l’idée qu’il faut prendre du recul. Il veut retrouver ce qui dépasse les particularismes. Hypothèse selon laquelle toute société est une construction symbolique : toute société est soumise à un déterminisme logique particulier. Cette logique universelle se situe du côté de l’esprit humain. Les variations observables dans les institutions sont sous la contrainte du fonctionnement de l’esprit humain. Toutes les représentations ne sont pas envisageables.

 

Analogie qui consiste à penser les codes sociaux. Tout échange social peut être assimilé aux règles d’échanges de message. La thèse de CLS c'est qu’il y a des invariants universels dans la codification des messages sociaux. Le code socioculturel est composé de règles sociales. Dans la perspective de CLS, les acteurs peuvent tenir un discours explicite.

Les variables sont façonnées par les habitudes culturelles.

 

Bales montre qu’invariablement, on peut distinguer trois moments principaux : temps de l’évaluation, compréhension de la situation, résolution des problèmes de contrôle. Dans cette phase là les membres du groupe vont pouvoir discuter des solutions à prendre.

CLS :

ethnographie consiste à décrire, classer unité

ethnologie : synthèse des descriptions, dégager une compréhension d'ensemble. Raisonnement en termes de systèmes. On monte en généralité.

Anthropologie couronne moment le plus abstrait le plus globalisant. On va s'appuyer sur ce que l'on a fait avant, sur la comparaison entre des données organisées. Dégager les propriétés générales de la vie sociale dans l'espèce humaine.

Par Diplomate0669 - Publié dans : Fac Science Politique Lyon II
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 11:38

Voici les notes prises à l'occasion du cours donné sur ce sujet par Mr. Jean-Louis Marie à l'Amphi Laprade à l'Université Lumière Lyon 2 (16 quai Claude Bernard, Lyon) - Désolé pour les passages peu clairs... ^^


 IV- L’anthropologie structurale

 

Départ au XIXe siècle : il existe une discipline que l'on appelle anthropologie. Sous ce terme néanmoins il y a la référence déjà à plusieurs types de travaux (archéologie historique, anthropologie physique, sociale et culturelle, technique, linguistique). Discipline qui privilégiait un concept central qui allait de soit : le primitif, l'ancien, l'archaïque, le sauvage, le simple. Cette une unité globale a pourtant disparue aujourd'hui pour les mêmes raison que la sociologie : logique de spécialisation.

 

  A°) Les éléments d'histoire nationale.

 

Les découpages entre spécialités ne se sont pas découpés de la mm façon entre USA et Eu. Pendant longtemps, RU ont privilégié la société alors que pour les USA ce sont les croyances et les valeurs qui sont 1e. Les anthropologues sociaux britanniques ont mis plus longtemps à s’intéresser à l’histoire des sociétés qu’ils étudiaient. Ils ont longtemps privilégiés les systèmes sociaux et culturels que leur histoire => ethnologie. Comprendre la conception que l'on a d'une discipline selon les lieux. Un ensemble de travaux qui faisait abstraction du temps en se concentrant sur les systèmes sociaux et culturels tels qu'ils se présentent à l'instant donné de l'observation. Ces sociétés primitives étaient sans histoire où elles ne possédaient aucune trace écrite donc le seul matériau était le présent.

 

L'histoire de l'anthropologie se distingue avec 3 périodes :

La structure est un réseau permanent de relations sociales au sein d’une société. Dans l’anthropologie, il y trois phases selon C.Levy Strauss :

  • L’ethnographie : description, classification de tous les aspects de l’unité. Cela en passe d’abord par l’étude du milieu écologique, recueillement de toutes les coutumes, croyances, techniques et savoirs-faire. Au cour du XIXe, l’anthropologie sociale et culturelle ou l’ethnologie avait des liens étroits au départ avec l’anthropologie physique : ils travaillaient sur les mêmes sociétés et les mêmes groupes. A cette époque, il y a une très forte influence de Darwin. Influence dans le classement des peuples à partir de leur degrés de technicité et d'organisation sociale. Complexité sociale. De fait, les anthropologues ont classé les peuples selon leur degré de complexité et selon la complexité de leur organisation sociale/développement. La connaissance produite par l’anthropologie devait aider à comprendre l’évolution des sociétés humaines. La vision qui domine est celle que tous les groupes humains doivent, au terme d’un certain nombre d’états, aboutir à un mode d’organisation identique ou comparable à celui des sociétés occidentales (sociétés techniquement développées, monogames…). Pour beaucoup d’anthropologues, ces sociétés simples devaient ressembler à ce que fut autrefois les sociétés occidentales. Mieux comprendre les sociétés complexes occidentales. Les anthropologies avaient constaté que dans beaucoup de sociétés, il y avait un parallélisme entre l’innovation technologique et les innovations sociales. Fin XIXe, le développement technologique commande les transformations sociopolitiques. Exemple avec la modification des familles et de la division du travail. Sociétés simples comme vestiges du passé des sociétés occidentales. Anthropologie comme une « machine à remonter le temps ». C'est globalement la conception qui domine le début de l'anthropologie.

  • Années 20-30 jusqu'à 70 : rupture du lien qui faisait foi entre anthropologie physique et sociale/culturelle. Elle avait renforcée ses liens avec l’archéologie. Anthropologie physique s'appuie surtout sur la primatologie. Expliquer l'ensemble de l'humain. A des fins politiques il y a eu minimisation de l'enjeu biologique. Au fur et à mesure, l’anthropologie physique a eu tendance à privilégier les dimensions physiques et à considérer que le social et le culturel étaient second. Boas pense qu’avec le temps, les différences physiques entre les populations d’origines différenciées, s’atténuent par le brassage génétique et acculturation partagée. Ruth Benedict et Margaret Mill, qui sont ses élèves vont établir une surenchère culturaliste.

 

  • Aujourd'hui les liens se sont resserés : réintégrations des composantes anthropologie. Idée apparaît que l'on ne peut ni opposer ni hiérarchiser les explications par le physique ou par le siocial/culturel => demande d'articulation pour efficacité et cohérence. En conséquence, il faut rendre compte de ce qu’est une société, ces croyances ce qui suppose de tenir les deux types d’explications en même temps. De plus, les procédés et les bases théoriques de l'anthropologie physique se sont transformés/améliorés (plus de fiabilité) : influence de l'apparition du développement de la génétique. Appui beaucoup plus important sur la science. Remise en cause de l'idée de race : existence d'une seule espèce humaine. L'anthropologie physique est devenue nettement plus fréquentable collectivement. Les approches environnementalistes sont beaucoup plus acceptables. C'est donc devenu plus solide scientifiquement et plus acceptable politiquement !!! Rapprochement croissant entre ceux qui pratiques l'anthropologie sociale et culturelle et ceux de l'archéologie préhistorique. Il doit être possible de mieux comprendre les quelques sociétés simples qui existent encore en les replaçant dans un temps plus long afin de dégager des évolutions. Les gens qui s'intéressent à la culture sont plus ouvert aux paradigmes évolutionnistes (processus de sélection naturelle/adaptative) => replacer dans des environnements – pressions évolutives. Plus il y a globalisation plus il y a mondialisation plus il y a destruction de culture locale et ancienne traditionnelle. Devant l'intégration et la globalisation on a eu de plus en plus de la part de l'homme un travail de conservation des mémoires culturelles (archivage cultures populaire rurales européennes) détruites par urbanisation et industrialisation. Au début de l'anthropologie c'était des amateurs : sociétés d'érudits (dans les département et les régions). Souvent il y a une évolution vers une sociologie des sociétés paysannes. C'est la naissance du « folklore » (Gennep) en particulier dans les société occidentales. Volonté de préserver la trace des arts et traditions populaires. Démarche à inscrire dans une perspective comparative.

Le relativisme menace aujourd’hui l’anthropologie. Elle s'est construite sur la comparaison des cultures, des organisations sociales... tension présente constamment entre volonté universelle et préserver ce qui est localisable (lié à un moment)(cf tension entre le particulier et l'universel). On admet que la culture est universelle : on admet ainsi que tout groupe humain produit des connaissances, de l’art, des normes/morale, a des croyances. Construction d'un patrimoine et de tradition + habitudes. Point relativement poussé du détail. Si la culture est universelle, comment est-ce que l'on peut caractériser cet universalisme et en même temps comment respecter ce qui est de l'ordre du particulier, du local et du spécifique ? A quoi il faut s’attacher dans une description de portée générale ? Ligne de tension constitutive de l'anthropologie elle même. Ce qui a marqué l’anthropologie c'est qu’il y a une pluralité des cultures. D'un côté, il faut penser l’universel mais de l’autre, il faut conserver les particularismes.

Par Diplomate0669 - Publié dans : Fac Science Politique Lyon II
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 10:56
Voici les notes prises à l'occasion du cours donné sur ce sujet par Mr. Jean-Louis Marie à l'Amphi Laprade à l'Université Lumière Lyon 2 (16 quai Claude Bernard, Lyon) - Désolé pour les passages peu clairs... ^^

C°) Multiplication des spécialités et montée de la sociologie empirique.

 

 

Quand on regarde l'histoire de la sociologie on observe que ce sont le développement des sociologies spécialisées qui sont aussi le plus souvent empiriques.

« L’accord sur la définition de la sociologie n’est pas plus grand aujourd’hui qu’il ne l’était au XIXe, au contraire » selon Boudon, il y a trois raisons à cela :

  1.  
    • Diffusion de l’influence de la sociologie américaine après la seconde guerre mondiale en Europe et dans le reste du monde très grande : manière empirique de faire de la sociologie, s'appui sur examen des faits, recueil de données → enquêtes : c’est de la sociographie (démarche descriptive sans prétention théorique d’ensemble). Travaux orientés vers des problèmes bien délimités. D'un côté source théorique devenant dominante mais la plupart des sociologues ne font pas de la théorie mais de la sociologie de terrain, concrète. Développement d'une forme d'utilitarisme : ces travaux d’enquête sont le plus souvent orientés vers la recherche d'aide de moyens de prendre des décisions. Les pouvoirs publics veulent un état des problèmes et des éléments d’aide à la décision. Champ de questions à résoudre. Chaque champ de question a donné lieu à une sociologie spécialisée. Multiplication de sociologie empirique/concrète/appliquée : sociologie rurale, du développement, du travail, urbaine, des loisirs, de la culture, des organisations, politique, de la famille, religieuse, de l’éducation, sport (et encore spécification), communication, criminelle… Multiplication des champs les plus sectoriels spécialisés.

    • Une des caractéristiques des sciences historiques selon Dilthey c’est que contrairement aux sciences de la nature, il n’y a non pas une élimination des sciences mais elles se juxtaposent. « La succession des doctrines participe de la diversité des nations, des époques, des individus » : vision très précieuse de l'histoire de la sociologie. Aujourd'hui encore dans chaque pays il y a une tradition sociologique. Encore en 2010 on peut remarquer qu'il existe différents paradigmes > plusieurs types de sociologies. En science sociale comme en philo les doctrines ne s'éliminent pas les unes des autres mais elles se juxtaposes. Lorsqu'il y a coexistence des théories elles ne durent pas longtemps en science dure (physique, biologie) ce qui est différent pr la sociologie et la philo. Aujourd'hui encore il y a des perspectives évolutionnistes et philosophiques de histoire (théories héritières) telles que celle du développement. En France il existe encore un paradigme marxiste (Bourdieu, Tourraine...) - analyse fonctionnelle (pourtant ce ne sont pas les mêmes âges épistémologiquement) – Référence théories économiques du XVIIIe (rationalité par exemple) => aujourd'hui à un moment donné dans n'importe quel pays ayant une tradition sociologique il y a encore les uns à coté des autres des paradigmes qui relèvent à des époques différentes.

    • Mélange de la philosophie sociale et de la science sociale. On peut dire que la rupture positiviste n'a pas répondu à toutes les questions. Si la sociologie d’aujourd’hui est hétérogène c’est parce que l’objectif positiviste est de séparer tous les acteurs de la sociologie, mais il n'est pas achevé. Les auteurs sont engagés politiquement. Les sciences sociales seraient donc le moyen d'analyser et de dénoncer les problèmes sociaux – mettre évidence les mécanisme de manipulation > état où individus sont étrangers d'eux-même. Les valeurs sont irréductibles les unes aux autres. La sociologie contemporaine est hétérogène car les valeurs et les idéaux sont eux-mêmes hétérogènes. Aucun des paradigmes généraux ne s’est imposé de façon indiscutable. Les chercheurs n'ont pas encore opéré de rupture entre philosophie et science sociale car cela rentre dans un débat politique.

Quelle est la valeur scientifique de ces travaux (engagés) ? Dès lors qu'ils sont placés sur le terrain des valeurs, idéaux, il devient impossible de hiérarchiser ces travaux : on ne peut plus distinguer ce qui est intéressant et ce qui l'est moins – comment savoir ce qui est très bon et ce qui l'est moins. Ces travaux ne sont pas classables comme on ne peut pas classer les idéaux : il n'y a pas de normes précises → domaine de la subjectivité et de l'idéal et du politique. La connaissance scientifique ne peut pas nous dire ce que nous devons vraiment savoir. Weber : c'est ça le cœur des problèmes existentiels des hommes modernes : de plus en plus de certitudes scientifiques mais moins de réponses politiques (flou sur les valeurs).

« Aucun des paradigmes généraux ne s'est imposé de façon indiscutée » (Boudon).

Sociologie qui reste sous tension d'une part sociographique/descriptive/positive (ce qui est) et de l'autre philosophique, éthique, normative (ce qui devrait être)

Par Diplomate0669 - Publié dans : Fac Science Politique Lyon II
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 09:53
Voici les notes prises à l'occasion du cours donné sur ce sujet par Mr. Jean-Louis Marie à l'Amphi Laprade à l'Université Lumière Lyon 2 (16 quai Claude Bernard, Lyon) - Désolé pour les passages peu clairs... ^^

B°) Décomposition/Eclatement de la sociologie classique


Pourquoi y a t-il épuisement ?

Idée de « désenchantement » (Alain Tourraine). La naissance des sciences sociales est liée au développement de l’idée de raison et de progrès. Perspective de mondes sociaux plus rationnels – renforcement de la liberté. Les individus sont au sens large du terme progressistes et rationalistes.

Protestation et scepticisme vis à vis de l'industriel.

« Le progrès meurtrier » - décrire monde occidental en phase de suicide (écologique, moral). Certaines dimensions de la sociologie classique ont subit des attaques. Ex sur la notion d'ordre social qui à la base est progressiste, puis jugée réactionnaire et conservatrice : inversement des valeurs.

L'homme doué de culture est un fond souverain par rapport à la nature. Souverain de lui même pour autant qu'il conserve son libre arbitre. Aujourd'hui cette idée est en retrait car l'humain n'est qu'une composante. Vision optimiste s'est assez largement retournée en son contraire au profit de l'idée de déclin. Baisse de la capacité de ces sociétés de se projeter au profit du conservatisme (sécurité). Eparpillement des sociologie.

Trois paradigmes qui connaissent un succès avec le déclin de la sociologie classique : Décomposition.

  • Sociologie classique : décrivent un système apparemment sans acteurs : système en perdant de vue les acteurs. Vision Marcuse et Foucault. Elles durcissent au maximum l’idée de fonction et qui donne une vision des sociétés comme étant des systèmes dans lesquels chaque composant est difficile à changer. Elles considèrent que le système est tout puissant. Les acteurs n’ont pas de prises sur le fonctionnement de la société. Au centre de cette vision on y retrouve une domination. Idée d’une société apaisée, elle occulte donc les inégalités. Auteurs sensibles à l'aspect du contrôle social → total. Système de domination tout puissant. Grands appareils de contrôle qui encadrent individus de la naissance jusqu'à la mort.

  • Althusser : notion d’ « appareil idéologique d’Etat ». Également celle de Marcuse dans l’homme unidimensionnel : Les acteurs n'ont plus de prises dans leurs relations. Qui est au centre ? Système à la place de l'individu. Si dans l’idéologie occidentale on peut observer des protestations, on peut les entendre comme une ruse qui tolèrent les contestations. Il n'y a pas de contre-pouvoir : il est impossible de s'opposer à un système/contrôle total Cependant, cette tolérance est superficielle et elles renforcent le pouvoir et le système. De même, on retrouve cette idée chez Foucault qui considère que le pouvoir dans les sociétés d’aujourd’hui c’est insinué dans tous les interstices de la pensée, il s’agit d’un pouvoir diffus sans centre. Il va considérer la raison comme un instrument de domination.

     

  • Analyse de l’acteur sans référence au système social : sociologie des organisations qui est l’un des domaines dans lequel on pousse le plus la technique de la rationalité. Conception stratégique où les acteurs cherchent à tirer le meilleur profit des positions et ressources qu’ils contrôlent : recherche d’avantages sur le marché politique, économique. Sociologie empirique, de consultant. Travail concret d'observation → remise en cause des principes de la sociologie classique. Les organisations sont bcp moins rationnelles qu'elles le prétendent. Rationalité = illusion car une organisation a un résultat instable, provisoire de rapports sociaux, entre différents types d'acteurs. Organisation = arrangement entre des personnels, des executants, managers, clients qui chacun poursuivent leurs intérêts, leurs logiques. Donc organisation = résultat des différents types d'acteurs. Organisation = synthèse instable de conflits. Ce qui fait avancer les acteurs c'est leur stratégie, cette dernière est la recherche par les acteurs de solutions : minimiser les coûts / vouloir un maximum en faisant le minimum. Cette sociologie est une vision dans laquelle la société est un ensemble de marché. Il y a une interaction entre les acteurs et d’une certaine façon la société a disparu. Les acteurs jouent des rôles sociaux sans pour autant y croire. Acteurs comme des consommateurs ↔ ensemble de marchés. Vision ultra-libérale. Individualisme extrême (d'où sa probable réussite actuellement...). Raisonnement en terme de stratégie, d'optimisation, de contrôle de l'incertitude.

  • Sociologie interactionniste : Goffman, sociologue, canado-américain. Il n'y a plus de société en fonction des normes intériorisées par les acteurs. Il n'y a plus d'incorporation. La société = « théâtre » espace dans lequel pdt un moment il y a des gens qui jouent des rôles (éphémère). Acteurs = acteurs au sens théâtral au sens quasi premier du terme. Notion de rôle social = classique même pour les fonctionnels avec idée que les acteurs y adhèrent et y croient à ce rôle. Vision différente chez les interactionnistes contemporain car acteurs jouent roles mais n'y croient pas forcément. Dans la sociologie classique : acteur comme John Wayne (dans la vie comme au cinéma !) il croit à ce qu'il joue. Dans interactionnistes : Bruce Willis : distance cynique / désabusée entre rôle et individu. Acteurs se situent ainsi chacun vis à vis des autres. Alors le plus gros de notre activité, travail en tant qu'être vivant en société consiste à suggérer aux autres une image de nous même ! Valorisante, profitable, conforme. On n'est donc jamais certain de l'interprétation. Relations humaines vont de soit et sont aussi liées à l'évitement : compromis. Ce cynisme est à l'image du monde → faux semblant et solitude humaine. Version contemporaine de la comédie humaine. L'individu n'existe que dans l'interaction

Idée de ce paradigme dans la sociologie classique d'une idée centrale = correspondance/superposition entre l'institutionnalisation des valeurs et la socialisation des acteurs.

Séparation (entre société[=ensemble de règles] et normes) du système et de l'acteur => sociologies post-classiques : stratèges, consomateurs, absence de système. Sociologies de l'individus : désinstitutionnalisation de la société. Travaux actuels comme F.Gubé. Individus : normes pour les contourner ils s'en servent ! L'acteur émerge comme étant un individu (différence de la sociologie classique : on parlera de citoyen, d'ouvrier...) Donc l'individu membre de communauté qu'il choisi – boîte à outils dans laquelle individus se bricolent une identité. Distance entre l'acteur/individu et le système.

L’épuisement de la sociologie classique est le passage de l’idée d’une correspondance entre le système et l’acteur à l’idée d’une séparation entre le système et l’acteur. Aujourd’hui, une bonne partie de la littérature considère le système comme un ensemble de contraintes. Si on veut être acteur, il faut apprendre à contourner le système. Dans ces sociologies contemporaines, l’individu ne croit plus que sa libération personnelle peut passer par l’action collective et la conquête du pouvoir. Aujourd’hui, il n’existe plus de modèles d’analyse.

Par Diplomate0669 - Publié dans : Fac Science Politique Lyon II
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